La France va-t-elle vraiment devenir une nation verte ?


Rédigé par Yannick SOURISSEAU le Jeudi 27 Octobre 2022 à 11:07

Il suffit de sortir dans la campagne, pour se rendre compte que les prairies ont retrouvé, avec les quelques averses d’automne, leur couleur verte. Mais est-ce suffisant pour faire de notre pays une « nation verte » qui prend en compte les problèmes écologiques dont elle fait l’objet, comme la plupart des pays, pour gagner la bataille contre le réchauffement climatique. Certes non. C’est tout le sens du message de la cheffe du Gouvernement, Elisabeth BORNE, en lançant « France nation verte ».


La Première ministre Elisabeth Borne, pendant son intervention du 21 octobre 2022. Photo extraite de la vidéo YouTube du Gouvernement
Pour le président Macron, la première mandature fut celle de la « France startup station », celle de la seconde sera-t-elle celle de la « France nation verte » ? c’est que nous nous pouvons souhaiter de mieux pour notre pays. Mais cela ne doit pas passer par de simples opérations de « greenwashing ». Il faut des cas concrets, dans lesquels chacun, qu’il soit politique, chef d’entreprise ou simple citoyen doit pouvoir s’impliquer. « La transition écologique, c’est l’affaire de tous », a laissé entendre la Première ministre Elisabeth BORNE lors de la présentation de son plan d’action, le 21 octobre dernier, devant un parterre choisi de chefs d’entreprises, représentants syndicaux et de la société civile.
 
Le lieu n’a pas été choisi au hasard. Il s’agit de la Recyclerie un bar-restaurant branché posé sur les anciens rails de la petite ceinture de Paris, à deux pas de la porte de Clignancourt, boulevard Ornano dans le 18e arrondissement à Paris. Pour la clientèle assez bobo écolo qui fréquente les lieux, « c’est un îlot de verdure en ville installé dans un esprit de récup, avec des ateliers, des conférences. Un endroit assez sympathique, où le tout Paris va bruncher le week-end ou boire des bières en soirée », rapporte France Info. Un lieu que associations environnementales ne le trouvent pas assez engagé socialement et écologiquement.
 
Selon le discours de la Première ministre : « 22 chantiers qui couvrent les domaines de la vie quotidienne : la mobilité, le logement, notre façon de produire et de consommer », auxquels s'ajoutent « la restauration de la biodiversité et de nos écosystèmes (eau, sols, forêts, océans) », ont été identifiés. Chacun sera déclinés en « plan d’action ».  Si la cheffe du gouvernement affirme vouloir faire ces chantiers une priorité pour le Gouvernement, ce sont surtout les ministres Agnès PANNIER-RUNACHER (Transition énergétique) et Christophe BÉCHU (Transition écologique et cohésion des territoires), qui sont désignés comme les chevilles ouvrières de ce plan d’action, lancé en amont d'un Conseil national de la refondation sur le climat et la biodiversité.
 
Les actions qui découleront de ces chantiers seront portées sous la bannière : « France nation verte » a précisé la Première ministre, en ajoutant qu'« une première synthèse de cette planification sera établie d’ici la fin de l’année et enrichie au fur et à mesure ». Pas de de doute, Elisabeth BORNE, ainsi que les ministres directement concernés, qu’une grande partie de l’opinion considèrent inactifs, veulent aller vite. Espérons qu’il ne s’agit pas de simples effets de manche et que ces plans se concrétiseront sur le terrain. 
 
« La transition écologique ne connaît malheureusement pas de solution miracle »

Si la cheffe de gouvernement n’a pas encore dévoilé de solutions concrètes ou symboliques elle a cependant affirmé qu’elle assumait une écologie de la responsabilité où l’on refuse le simplisme et l’on agit en totale transparence. 
 
« La transition écologique ne connaît malheureusement pas de solution miracle et pourtant, beaucoup ne cessent de la réclamer et de choisir des totems plutôt que des changements structurels. Ma conviction, c'est que nous devons agir, en même temps, et sur tous les fronts », a martelé la Première ministre, refusant de se prêter à une chasse aux sorcières et une course aux symboles
 
Elisabeth BORNE affirme vouloir défendre une France plus verte, mais aussi et surtout plus juste, condition selon cette dernière « pour que la transition écologique soit acceptée, efficace et fédératrice ». 
 
La Première ministre a promis dans son discours d’accompagner les plus modestes et qui seront percutés par les transitions qu’elle compte mettre en œuvre au travers de ce plan.  « Ça n'est évidemment pas à nos compatriotes en situation de précarité énergétique de faire des efforts supplémentaires », a-t-elle dit. « À l'inverse, ceux qui émettent le plus et qui ont le plus de moyens doivent aussi être ceux qui accompagnent le plus notre transition écologique ». Ces derniers devront montrer l’exemple et investir pour financer l’innovation. Un cap certainement difficile à tenir sans pointer du doigt ceux qui sont insensibles à l’effort collectif et sans céder aux lobbies industriels. L’enjeu est donc de taille.
 
Elle a surtout insisté sur la mobilisation de « tous les acteurs », qu’ils soient citoyens, chefs d’entreprises, l’État et surtout les collectivités.  Selon Elizabeth BORNE, ces acteurs « ont entre leurs mains la plupart des compétences décisives pour la transition écologique ». Dont acte pour ce qui concerne l’Etat lequel devra faire preuve d’exemplarité en la matière. Ce n’est pas gagné. 
 
Il faudra attendre la fin de l’année pour avoir une première version consolidée de cette planification. La Cheffe du Gouvernement veut visiblement ne pas perdre de temps, car la planète n’attendra pas. C’est maintenant ou jamais, en espérant que ce n'est pas un nième plan qui restera un seul voeu pieux comme beaucoup de plans gouvernementaux. Il convient donc de ne pas attendre, et à chacun de s'en emparer pour agir. 
 






Dans la même rubrique :