Les données au cœur des nouvelles mobilités


Rédigé par Laurent EVAIN le Mercredi 15 Septembre 2021 à 16:10

Les textes de loi, tant financiers qu’environnementaux, encouragent l’achat de véhicules moins polluants. La façon dont les citoyens se déplacent désormais dans la ville se modifie progressivement. Mais il reste encore beaucoup de travail à faire en utilisant les datas, pour responsabiliser les conducteurs et les accompagner vers ces nouvelles mobilités qui feront le monde de demain.


Trottinette, vélo, tramway, voiture électrique, les modes de déplacements non polluants sont de plus en plus utilisés dans les grandes métropoles (photo d'archive Adobe Stock)
Ces dernières années ont apporté leur lot de bouleversements en matière de mobilité. Outre la loi de finances qui tend à favoriser l’adoption de motorisations moins polluantes en leur accordant des bonus et la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM) qui prévoit une baisse de 37,5% des émissions de CO2 à l’horizon 2030, le projet de loi climat et résilience vient entériner la mise en place de zones à faibles émissions (ZFE) d’ici au 31 décembre 2024. Ces zones mises en place dans les agglomérations de plus de 150 000 habitants vont modifier en profondeur la manière de circuler dans les villes. Il est désormais indispensable, pour les professionnels comme pour les particuliers, de repenser la manière de se déplacer dans les grands centres urbains.
 
Dans ce contexte qui fait la part belle à la mobilité responsable, la Data s’impose comme un atout majeur pour optimiser les déplacements, responsabiliser les conducteurs et accompagner le changement déjà en marche.
 

Le comportement des utilisateurs, premier pas vers la mobilité durable

Les habitudes des conducteurs ont de nombreuses incidences sur les émissions de CO2dans les villes. Un usager de la route dont la conduite est considérée comme « sportive » consommera jusqu’à 40% de carburant de plus qu’un automobiliste pratiquant l’écoconduite selon Bison Futé.
 
La collecte et l’analyse des données liées à la conduite peuvent apporter au conducteur un éclairage sur ses « mauvaises » habitudes de conduite et lui permettre de les corriger. 
 
Au-delà de la réduction de la consommation et de l’impact environnemental, l’ajustement des comportements grâce aux données joue sur la sécurité et le confort des passagers, et est crucial en cas de transport de marchandises dangereuses.
 
En parallèle, chaque conducteur a une influence sur l’affluence de véhicules polluants dans sa ville via le choix du véhicule qu’il décide d’utiliser. S’il se rend compte que la vitesse moyenne à laquelle il circule dans son centre urbain n’excède pas 18km/h, il pourra envisager d’effectuer son déplacement à vélo, par exemple. 
 
De même, la distance effectuée quotidiennement est en moyenne de 27 kilomètres pour 3 trajets (9 kilomètres par trajet) selon l’ADEME. Si l’autonomie des véhicules électriques est considérée comme un frein à son adoption, elle permet toutefois de couvrir plusieurs centaines de kilomètres et peut donc suffire pour les trajets quotidiens d’une grande partie des actifs français. L’analyse des données liées aux trajets quotidiens peut ainsi permettre aux utilisateurs de définir leur profil de consommation et de déterminer s’ils sont compatibles avec la mobilité électrique.
 

Le rôle prescripteur des entreprises et des collectivités

Au-delà des particuliers et des conducteurs, la transition vers les nouvelles mobilités passe par les entreprises et les collectivités, qui doivent prendre à cœur leur rôle de prescriptrices en accompagnant leurs salariés et leurs administrés dans l’adoption de nouvelles habitudes. 
 
Les collectivités doivent plus que jamais placer l’optimisation de la mobilité urbaine au cœur de leurs préoccupations, et pour ce faire, elles doivent comprendre de manière fine et précise l’ensemble de l’écosystème. Grâce aux données, il est possible d’évaluer la capacité d’un système de transports publics et d’auditer les infrastructures existantes afin d’anticiper les opérations de maintenance et prévenir d’éventuelles défaillances. Leur traitement permet également de déterminer quelles sont les demandes de transports publics à différents moments de la journée, d’optimiser la fréquence des passages, d’affiner le tracé des trajets en fonction des besoins et des usages, etc. Elles fournissent ainsi tous les éléments nécessaires à la mise en œuvre des nouvelles mesures réglementaires, comme les ZFE, et de faire évoluer la mobilité en fonction des usages présents et futurs. 

 
De même, les entreprises doivent adapter leur flotte à l’évolution des usages de leurs salariés, en installant des bornes de recharge pour véhicules électriques sur leur parking, en proposant des solutions multimodales et en repensant leurs processus métiers en intégrant des triporteurs pour les livraisons, par exemple. Une analyse fine des besoins et des usages grâce aux données permettra une optimisation et une gestion fine de la flotte au quotidien. 
 
 
Pour modifier les comportements de mobilité et donner à chaque partie prenante les moyens leur transition en pleine conscience, encore faut-il pouvoir accéder à une grille de lecture intelligible. Au-delà de la simple collecte des données, c’est la capacité d’analyse et de traitement qui apporte une véritable plus-value, en s’appuyant sur un outil capable d’ingérer un volume très conséquent de données pour une meilleure précision, de les traiter en temps réel pour répondre aux besoins du moment, en cas de défaillance par exemple, et de les analyser afin de dégager des tendances de fond. A l’heure où les changements en matière de mobilité sont profonds et durables, il est essentiel de placer l’intelligence de la data au cœur des nouveaux enjeux de la mobilité d’aujourd’hui et de demain.

par Laurent EVAIN, co-CEO de XEE





Dans la même rubrique :