Mathieu Vidal, Président de l’Association Villes Internet, Enseignant-chercheur (géographe)
En effet, acheter un logiciel, déployer une plateforme, souscrire à un service numérique, etc., ne constitue pas une politique publique en tant que telle.
Pour insister, le numérique se doit d’être piloté par le Politique. Car le véritable enjeu réside dans la capacité des collectivités à décider, à orienter, à mutualiser, à évaluer et, in fine, à rendre compte des choix numériques qui structurent désormais le fonctionnement même des services publics locaux. Et il s’agit donc de sortir du piège de « l’achat dispersé » pour ne pas perdre ou reprendre la main sur une trajectoire collective, assumée et lisible. Piloter, c’est d’abord se donner les moyens de comprendre.
Or les enjeux numériques – infrastructures, données, logiciels, intelligence artificielle – restent encore trop souvent perçus comme techniques, et donc délégués sans véritable appropriation politique. Pourtant, leur impact est direct, que ce soit sur les budgets, sur l’organisation des services, sur les dépendances contractuelles et finalement sur la souveraineté même de la collectivité. Sans acculturation des élus et des agents, le risque de subir plutôt que choisir est clair.
C’est pourquoi le 7e Congrès national des élus au numérique, qui a eu lieu à Agen fin janvier 2026, a proposé un changement d’échelle en appelant à un véritable plan national de formation et de montée en compétences des élus et des agents, obligatoire et financé, adapté à la diversité des collectivités.
Car gouverner le numérique suppose d’en maîtriser les logiques, les coûts et les implications. Mais piloter, c’est aussi organiser. Cela implique des structures de gouvernance claires : une délégation politique identifiée, un binôme avec un agent référent (DSI, DirCom, Responsable de la transformation numérique, etc.), des objectifs partagés et des indicateurs suivis dans le temps.
Cette structuration n’est pas un luxe administratif : elle conditionne la capacité à inscrire le numérique dans une stratégie de mandature, plutôt que dans une succession de décisions opportunistes. Au-delà de l’échelle communale, le pilotage suppose également de mutualiser.
Les collectivités, en particulier les plus petites, ne peuvent faire face seules à la complexité des enjeux numériques. La mise en commun des ressources, des outils, des compétences et des retours d’expérience devient alors un levier essentiel. Le Congrès a ainsi proposé la création d’un observatoire national des pratiques et des indicateurs de performance numériques, afin de diffuser les bonnes pratiques et d’ajuster les politiques publiques en continu.
Enfin, piloter, c’est anticiper. L’essor de l’intelligence artificielle, notamment générative, ouvre des perspectives inédites pour l’action publique locale : aide à la décision, automatisation de certaines tâches, amélioration de la relation usager, etc. Mais ces opportunités ne peuvent être saisies sans stratégie. Elles nécessitent un cadre, des règles, des objectifs. Là encore, il s’agit d’un choix politique : soutenir une innovation maîtrisée, souveraine, et orientée vers l’intérêt général.
Derrière ces enjeux, une question fondamentale se pose : qui pilote réellement le numérique local ? Les élus, les services, ou les prestataires ? Les collectivités, ou les plateformes ?
La réponse dépend directement des choix qui seront faits dans les prochaines mandatures. Car le numérique n’est pas un service parmi d’autres. Il est devenu l’infrastructure invisible de l’action publique. Et à ce titre, il doit être gouverné comme tel, par le Politique.
C’est précisément l’un des quatre engagements portés par l’Association Villes Internet : faire du pilotage des services numériques un levier de modernisation, de transparence et de souveraineté locale, au service des collectivités et des citoyens. Et en cette période d’élections municipales, les questions à se poser sont donc simples mais décisives : quel pilotage du numérique est réellement proposé, avec quels moyens, quelles compétences, quelles coopérations et quels indicateurs ?
Car en 2026, une collectivité qui ne pilote pas son numérique ne fait pas que prendre du retard ; elle prend aussi le risque de perdre la maîtrise de son action publique.
Car gouverner le numérique suppose d’en maîtriser les logiques, les coûts et les implications. Mais piloter, c’est aussi organiser. Cela implique des structures de gouvernance claires : une délégation politique identifiée, un binôme avec un agent référent (DSI, DirCom, Responsable de la transformation numérique, etc.), des objectifs partagés et des indicateurs suivis dans le temps.
Cette structuration n’est pas un luxe administratif : elle conditionne la capacité à inscrire le numérique dans une stratégie de mandature, plutôt que dans une succession de décisions opportunistes. Au-delà de l’échelle communale, le pilotage suppose également de mutualiser.
Les collectivités, en particulier les plus petites, ne peuvent faire face seules à la complexité des enjeux numériques. La mise en commun des ressources, des outils, des compétences et des retours d’expérience devient alors un levier essentiel. Le Congrès a ainsi proposé la création d’un observatoire national des pratiques et des indicateurs de performance numériques, afin de diffuser les bonnes pratiques et d’ajuster les politiques publiques en continu.
Enfin, piloter, c’est anticiper. L’essor de l’intelligence artificielle, notamment générative, ouvre des perspectives inédites pour l’action publique locale : aide à la décision, automatisation de certaines tâches, amélioration de la relation usager, etc. Mais ces opportunités ne peuvent être saisies sans stratégie. Elles nécessitent un cadre, des règles, des objectifs. Là encore, il s’agit d’un choix politique : soutenir une innovation maîtrisée, souveraine, et orientée vers l’intérêt général.
Derrière ces enjeux, une question fondamentale se pose : qui pilote réellement le numérique local ? Les élus, les services, ou les prestataires ? Les collectivités, ou les plateformes ?
La réponse dépend directement des choix qui seront faits dans les prochaines mandatures. Car le numérique n’est pas un service parmi d’autres. Il est devenu l’infrastructure invisible de l’action publique. Et à ce titre, il doit être gouverné comme tel, par le Politique.
C’est précisément l’un des quatre engagements portés par l’Association Villes Internet : faire du pilotage des services numériques un levier de modernisation, de transparence et de souveraineté locale, au service des collectivités et des citoyens. Et en cette période d’élections municipales, les questions à se poser sont donc simples mais décisives : quel pilotage du numérique est réellement proposé, avec quels moyens, quelles compétences, quelles coopérations et quels indicateurs ?
Car en 2026, une collectivité qui ne pilote pas son numérique ne fait pas que prendre du retard ; elle prend aussi le risque de perdre la maîtrise de son action publique.