Numérique : Des usagers plus nombreux mais toujours aussi peu confiants


Rédigé par Yannick SOURISSEAU le Jeudi 27 Février 2020 à 11:49

L'Acsel, principale association transversale du numérique en France, vient de publier la dixième édition du Baromètre de la confiance des français dans le numérique. Avec de plus en plus d’usages et l’apparition de l’Intelligence artificielle (IA) dans ce baromètre, les usagers toujours plus nombreux se montrent toujours aussi peu confiants, notamment en matière de gestion et d’exploitation de leurs données.


De plus en plus d'usagers qui restent méfiants dans l'utilisation qui peut être faite de leurs données personnelles (photo Adobe Stock)
Selon L'Acsel, association qui réunit l'ensemble des acteurs de l'économie numérique, des entreprises et des organismes publics, de toutes tailles (grands groupes, ETI, startups) et de tous secteurs, la dixième édition du Baromètre de la confiance des Français dans le numérique, qu’elle vient de dévoiler, met en exergue de forts paradoxes et un enseignement majeur : « le manque de confiance ne freine pas l'appétence des Français pour les usages numériques ». Ce baromètre qui met en rapport la confiance et les usages réels, s'incrémente de nouveaux usages d'année en année à l’exemple de l’Intelligence Artificielle (IA), qui a fait son entrée en 2019.

Selon l’association, « la confiance numérique se heurte depuis 10 ans à un plafond de verre avec seulement 40% des Français qui sont confiants dans leurs pratiques numériques depuis plusieurs années ». Cette baisse de la confiance s'observe davantage chez les publics les plus connectés et les plus avertis (-10 pts les CSP+, entre -8 et -7 pts chez les 24-39 ans).

Le document montre que les freins aux usages n’ont pas changé depuis dix ans et l’arrivée de l’IA, ne bouscule pas la donne, bien au contraire.  Malgré les moyens mis en œuvre, en matière de sécurisations et de protections des données personnelles, les usagers craignent toujours le piratage des données et/ou de leurs comptes personnels, la consultation et l’utilisation abusive des données personnelles, l’usurpation de l'identité, le tout avec des sites dont ils n’ont pas vraiment confiance, notamment avec l’apparition des mobiles. Et ce qu’ils vivent dans leur entourage confortent l’idée qu’ils se font de la sécurité numérique : « 28% des internautes ont été confrontés à une personne usurpant une identité alors que le piratage bancaire a augmenté de 20% et l'usurpation d'identité de 10% depuis 2013 », précise le Baromètre. 

 

​La nécessité d’une réassurance de l’État et de régulation de l’IA

Visiblement les Français attendent des leviers, principalement des services de l'État et de la réglementation et principalement de la CNIL, structure citée comme le premier levier de la confiance suivis par les garanties de sécurité techniques, la garantie de l'effacement des données, le recours juridique. 
 
Le RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données), règlement européen applicable depuis le 25 mai 2018, ne semble pas convaincre les Français. 43% se disent plus confiants suite à sa mise en place et 52% estiment que les sites Internet informent mal sur la collecte et l'utilisation des données. Dans le même temps, 79% des Internautes déclarent adopter des comportements pour protéger leurs données personnelles en ligne.

France Connect, la plateforme publique qui permet d’accéder plus simplement aux démarches administratives que doivent effectuer les citoyens (impôts, sécurité sociale, cartes grises…) apparait également comme un levier de confiance.  59% des internautes l’utilisent régulièrement pour effectuer leurs démarches en ligne. Les usages le plus souvent imposés, comme e- administration, le e-commerce et suivi de sa banque en ligne, utilisés par au moins 9 internautes sur 10 connaissent tirent la confiance depuis 10 ans, selon ce document (71% pour l'administration, 62% pour la banque et 58% pour le commerce). Malgré quelques difficultés c’est l'e-administration qui s’en sort le mieux, notamment chez les jeunes et les seniors. 
 
Parmi tous les points d’entrée des usagers sur Internet, les réseaux sociaux, pourtant très utilisés, continuent d’alimenter la crainte du piratage des données personnelles avec un taux de confiance évalué à seulement 26%. De fait 48% se sont engagés dans de nouvelles pratiques de protection concernant ces plateformes de communication.  
 
 Alors que qu’une majorité de français utilisent un mobile intelligent (smartphone, tablette), « les nouveaux usages comme l'IoT, le cloud, les coffres forts numériques, l'économie collaborative restent marqués par des fractures générationnelles et territoriales », confirme le Baromètre. 56% des Français ont déjà utilisé une application incluant de l’Intelligence Artificielle, mais ils 53% à faire confiance à cette nouvelle technologie.  
 
Mais s’ils utilisent ces applications, ils restent réticents sur l'exploitation de leurs données par l'IA et sont en demande de transparence. 78% des internautes souhaitent avoir la possibilité de refuser d'être en interaction avec une intelligence artificielle. D’autant que le piratage de l'IA est le premier risque pour les Français (44%) ; l'usage des données pour une finalité autre que celle autorisé (40%) et une substitution complète de l'IA au détriment de l'humain (37%). Ils sont demandeurs de plus de transparence sur des algorithmes et les principes dictant le comportement de l'intelligence artificielle ainsi que la certification par un organisme indépendant. Toutefois, concernant les usages de l’IA, c’est l’administration et les établissements publics de santé que les Français ont le plus confiance. 
 
Globalement les usagers attendent plus de clarté, même s’ils sont de plus en plus nombreux. « Les entreprises du numérique et les adhérents de l'Acsel ont une carte importante à jouer en multipliant les actes de confiance à tous les niveaux de leurs organisations » conclue Laurent Nizri, Président de l'Acsel.

Pour en savoir plus : www.acsel.eu/confiance-des-francais-dans-le-numerique/





Dans la même rubrique :