« Too Good To Go », l’application qui fait de vous un héros anti gaspillage


Rédigé par Yannick SOURISSEAU le Vendredi 21 Juillet 2017 à 10:25

Sortie il y a tout juste un an, voici une application de l’économie collaborative et de la solidarité, qui devrait plaire à ceux qui ont fait de la lutte contre le gaspillage alimentaire, un principe de vie. Grace à « Too Good To Go » utilisable sur smartphone chacun peut désormais racheter les invendus des restaurants et commerces alimentaires pour se nourrir mais aussi pour aider les plus démunis.


Contenu d'une boite repas de la boulangerie Eugenie à Angers (3,50€), ville qui compte 17 partenaires Too Good To Go (Photo Mario Fournier)
S’il y a bien un chiffre qui ne nous honore pas, c’est le gaspillage alimentaire. Chaque année, plus de dix millions de tonnes d’aliment sont jetés selon l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la maitrise de l’enregie) alors que dans le même temps le seuil de pauvreté aux conditions de vie touche 14% de la population, selon l’observatoire des inégalités. Si depuis des années, des associations caritatives récupèrent les invendus de la grande distribution pour les redistribuer aux plus démunis, à l’exemple des Restos du Cœur initiés par l’humoriste Coluche, les petits commerçants dont la quantité d’invendus est faible en fin de journée, trouvent plus simple de jeter plutôt que redistribuer.
 
 « Je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose. Aujourd’hui, le gaspillage alimentaire représente un enjeu clé de notre société et, grâce aux technologies, il est possible d’avoir un réel impact là-dessus », expliquait au début de l’été, au quotidien 20 Minutes, Lucie Basch, la jeune créatrice de « Too Good To Go (Trop bon pour jeter) », une application « gagnant-gagnant » qui permet aux particuliers de racheter les invendus des restaurants et commerces alimentaires, à petit prix.
 
L’idée est simple et généreuse, puisqu’elle permet aux commerçants de ne pas jeter leurs invendus et de ne pas perdre trop d’argent, et à ceux qui veulent économiser tout en réduisant le gaspillage, de profiter d’une nourriture saine à prix bas. Voire aussi pour ceux qui le souhaitent d’acheter ces aliments pour les redistribuer aux personnes les plus démunis de leur quartier. Ces derniers n’ayant pas toujours, pour une question de ressources, un smartphone à leur disposition.
 
Si L’application permet de s’offrir un plat du jour, un sandwich, une pâtisserie ou un panier de légumes à prix très réduit, (50 à 80% du prix initial), elle permet aussi de collecter des dons sous forme de portions pour aider les plus démunis. « Grâce à ces dons nous organisons régulièrement une collecte chez des commerçants partenaires pour redistribuer ces invendus à des sans-abris », explique Lucie Basch

Coup publicitaire ou vraie lutte contre le gaspillage ?

Très simple à utiliser, l’application géolocalise, après inscription, toutes les enseignes « partenaires », c’est à dire qui se sont inscrites sur l’application, et qui sont situées à proximité. Le commerçant qui dispose d’une interface d’accès particulière indique les plats, produits et paniers repas qu’il met à disposition, le tarif et le créneau horaire de collecte. « Un moyen de sauver certains produits alimentaire de la poubelle », précise Lucie Basch. D’autant qu’en fin de journée, ces plats, sandwiches et autres viennoiseries, s’ils ne sont plus très frais, restent consommables.
 
Si l’application est effectivement intéressante pour ceux qui souhaitent se nourrir à petit prix, tout en contribuant à la réduction du gaspillage alimentaire, il semble que certains commerçants, peu scrupuleux aient saisi l’aubaine pour se faire de l’argent sur une clientèle précarisée. En effet, comment un commerçant peut-il prévoir les invendus qu’il aura sur les bras le soir, alors que ceux-ci sont proposés, à prix réduit, dès le matin ? S’agit-il d’un coup de pub ou d’une vraie lutte contre le gaspillage. C’est la question qu’on peut légitimement se poser.
 
« En général, on a toujours des invendus. Au moins deux parts », explique un employé d’un restaurant parisien au quotidien 20 minutes lors d’un test de l’application. « Mais si jamais ce n'est pas le cas, on prépare d’autres plats pour les gens qui ont réservé sur Too Good To Go ». D’autant que « faire partie de Too Good To Go, ça nous fait un coup de pub. Après, les gens reviennent en famille », explique un autre restaurateur.
 
C’est le coté pervers d’une application qui part d’une idée noble, mais qui n’est pas forcement facile à résoudre le jour même. Certains produits de la veille, conservés dans de bonnes conditions sanitaires, peuvent tout à fait être revendus à faible prix le lendemain, leur évitant de terminer à coup sûr à la poubelle. Reste que la plupart du temps il s’agit de boites repas dont le contenu reste approximatif lors de la publication et qui comprendront une sélection de produits invendus (voir photo).
 
Aujourd’hui l’application compte 1300 commerces partenaires dans 30 villes. Elle aurait sauvé 130 000 repas en un an dont 3 000 ont été servis à des sans abris.
 
Pour en savoir plus : www.toogoodtogo.fr





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