Villes vertes : Les entreprises du paysage font des propositions aux candidats à la présidentielle française


Rédigé par Yannick SOURISSEAU le Lundi 14 Février 2022 à 10:39

Alors que la date du premier tour de l’élection présidentielle s’approche à grands pas, l’Union Nationale des Entreprises du Paysage (UNEP) qui considère que la nature en ville est absente des débats de la présidentielle, interpelle les candidats. Selon cette structure qui regroupe les professionnels de l’aménagement des espaces verts en France, le besoin de nature exprimé par les habitants, doit être accompagné et accéléré par l’État. L’Unep adresse trois propositions concrètes aux candidats afin qu’ils intègrent cette donnée dans leur programme.


Vue aérienne de la ville de Pau, une cité qui assure la continuité de ses espaces verts (photo Adobe Stock)
À deux mois de l’élection présidentielle, le thème de la protection et de la valorisation de la nature en ville demeure absent des débats », déclare l’Union Nationale des Entreprises du Paysage (UNEP), dans un communiqué. Cette dernière qui s’appuie sur un sondage réalisé en décembre dernier, par l’IFOP, se fait le relais des habitants des villes qui souhaitent que celles-ci disposent d’espaces verts qui permettent de se ressourcer, sans se sentir obligé de quitter la ville pour les zones rurales.
 
« Après deux années de crise, les priorités et comportements des Français ont été bouleversés. Le besoin de contact avec le vert en ville a connu une forte montée en puissance : le manque de verdure en milieu urbain est un sujet qui préoccupe largement les Français dans leur ensemble », déclare Laurent BIZOT, président de l’Unep. « Les avancées législatives que la France a connues en 2021 avec la loi Climat ou la Convention Citoyenne pour le climat doivent désormais laisser place à des actions concrètes ». 
 
Le sondage réalisé par l’IFOP auprès d’un échantillon 1500 Français résidant dans des villes de plus de 2000 habitants, fait apparaitre que 37% des Français souhaite que leur ville soit plus durable et verte, juste derrière la prise en compte de la sécurité et plus de la moitié (56%), souhaitent que l’étalement urbain soit réduit au profit de zones naturelles. Si plus de la moitié (53%), estiment qu’il n’y a pas assez de place laissée à la sensibilisation au vivant et à la biodiversité à l’école, 54% pensent que les élus locaux sont trop isolés pour mettre en œuvre la ville verte de demain et qu’ils doivent être soutenus par une politique nationale. D’où plusieurs propositions concrètes aux candidats à la présidentielle, afin que la notion de ville verte entre dans le débat.
 

Trois propositions concrètes

Selon l’Unep, « l’État doit être moteur dans la mise en place et le pilotage d’une politique nationale ambitieuse de végétalisation des territoires urbains, qui permettra également de réduire les carences d’accès au vert ». S’appuyant sur le Programme Action Cœur de Ville qui permet d’aider à la revitalisation des centres-villes l’Unep appelle à mettre en place un programme de soutien financier aux territoires pour des projets de renaturation des sols, fondement de tout projet pérenne de végétalisation, via des mécanismes fiscaux incitatifs ou facilitateurs avec la mise en place d’un dispositif de prêts à taux zéro par la Banque des Territoires ou une exonération fiscale.
 
Cette première proposition qui serait mis en place sous forme d’un plan national, permettrait selon les professionnels, de partager les bonnes pratiques entre collectivités, développer les continuités naturelles et le suivi d’une commande publique plus responsable privilégiant le « mieux disant » et non « le moins disant », comme c’est souvent le cas.
La seconde proposition porte sur la conciliation entre la biodiversité et le bâti afin de faire émerger des ensembles immobiliers plus respectueux de l’environnement et compatible avec les écosystèmes locaux. En clair ne pas bétonner à tout prix, mais assurer une continuité naturelle entre les zones urbanisées.
 
Cette proposition passe par une modification des normes et labellisations existantes, afin que les professionnels du paysage soient intégrés dans la démarche dès son étude, afin de préservant, tant faire se peut, l’existant et en le valorisant. Selon l’Unep, « les enjeux de biodiversité sont absents de la réglementation environnementale 2020 des bâtiments neufs (RE2020). Ils doivent pourtant être traités au même titre que la stratégie bas-carbone dans ses objectifs, pour promouvoir le bâtiment durable à biodiversité positive ». L’Unep propose ainsi d’incorporer un volet biodiversité dans la RE2020.
 
« Le développement des infrastructures vertes est impératif pour adapter l’espace urbain au dérèglement climatique », poursuivent les professionnels. En conséquence « les aides d’État doivent désormais être conditionnées au respect de critères environnement et de respect de la biodiversité, notamment via les projets soutenus par l’ANRU ou l’ANAH ».
 
Enfin l’Unep souhaite faciliter l’accès aux métiers de la protection de l’environnement, en valorisant les métiers concernés et leurs atouts, auprès des plus jeunes.
 
Cette proposition passe par l’éduction dès le plus jeune âge, à la biodiversité et à sa protection en intégrant l’apprentissage du vivant dans les programmes d’enseignement via un dispositif pédagogique extérieur. L’Unep souhaite également que l’État et ses services valorisent les métiers ayant un impact positif sur l’environnement. L’Union des Entreprises du Paysage préconise donc le renforcement du plan de valorisation de l’enseignement agricole pour les métiers du paysage porté par le ministère de l’Agriculture.
 
« Nos propositions sont ambitieuses mais réalistes et concrètes et elles répondent à des enjeux de société, de santé publique et de protection de l’environnement qui ne peuvent plus attendre », conclut Laurent BIZOT. Ce dernier considère que les entreprises du paysage restent les plus pertinentes et compétentes pour accompagner la transition écologique. « Planter des arbres est une première étape, nécessaire mais insuffisante. Végétaliser le bâti et organiser la ville par et pour le vivant en est une autre, qu’il faut mettre en place dès maintenant. » 





Dans la même rubrique :