Pendant plusieurs années, les projets d'intelligence artificielle des collectivités se sont concentrés sur des usages relativement bien identifiés : assistants conversationnels, relation citoyenne, recherche documentaire, aide à la décision ou automatisation de certaines tâches administratives.
Cette première vague est loin d'être terminée. Mais VivaTech 2026 a montré qu'une nouvelle étape commence.
L'intelligence artificielle quitte progressivement les écrans.
Elle ne se contente plus de produire du texte, d'analyser des données ou de générer des recommandations. Elle commence à piloter des équipements, à optimiser des réseaux, à assister des opérateurs sur le terrain, à coordonner des systèmes industriels et demain, dans certains cas, à agir directement sur des infrastructures physiques.
Pour les villes, cette évolution est probablement le véritable enseignement de cette édition.
Cette première vague est loin d'être terminée. Mais VivaTech 2026 a montré qu'une nouvelle étape commence.
L'intelligence artificielle quitte progressivement les écrans.
Elle ne se contente plus de produire du texte, d'analyser des données ou de générer des recommandations. Elle commence à piloter des équipements, à optimiser des réseaux, à assister des opérateurs sur le terrain, à coordonner des systèmes industriels et demain, dans certains cas, à agir directement sur des infrastructures physiques.
Pour les villes, cette évolution est probablement le véritable enseignement de cette édition.
Une nouvelle génération de ville intelligente
Depuis plus de quinze ans, les collectivités investissent dans des capteurs, des plateformes de données, des objets connectés, des centres de supervision et des jumeaux numériques.
Ces investissements ont permis de mieux observer la ville.
La prochaine étape consiste désormais à rendre ces infrastructures capables d'interpréter leur environnement, de proposer des décisions et, dans certains cas, d'exécuter des actions sous contrôle humain.
Autrement dit, la ville connectée évolue vers une ville assistée par une intelligence opérationnelle.
Cette évolution était perceptible dans de nombreuses annonces de VivaTech. Derrière les démonstrations de robots, d'agents IA ou de jumeaux numériques apparaissait une même logique : connecter les données ne suffit plus. Il faut désormais les transformer en capacité d'action.
Ces investissements ont permis de mieux observer la ville.
La prochaine étape consiste désormais à rendre ces infrastructures capables d'interpréter leur environnement, de proposer des décisions et, dans certains cas, d'exécuter des actions sous contrôle humain.
Autrement dit, la ville connectée évolue vers une ville assistée par une intelligence opérationnelle.
Cette évolution était perceptible dans de nombreuses annonces de VivaTech. Derrière les démonstrations de robots, d'agents IA ou de jumeaux numériques apparaissait une même logique : connecter les données ne suffit plus. Il faut désormais les transformer en capacité d'action.
L'IA physique, une nouvelle étape de l'automatisation
Les industriels utilisent désormais le terme IA physique pour décrire cette évolution.
Contrairement aux modèles génératifs, qui produisent essentiellement de l'information, l'IA physique désigne des systèmes capables de percevoir leur environnement, de raisonner, puis d'interagir avec le monde réel au travers de robots, de véhicules, de machines ou d'infrastructures intelligentes.
L'intervention de KUKA illustrait parfaitement cette transition. Le constructeur allemand n'a pas présenté une nouvelle génération de robots, mais une nouvelle manière de concevoir la robotique industrielle. L'objectif n'est plus seulement d'automatiser des gestes répétitifs. Il s'agit de créer des systèmes capables de s'adapter à leur environnement, d'interagir avec les opérateurs, d'exploiter les données de production et d'intégrer l'intelligence artificielle au cœur des processus industriels.
La même dynamique apparaît chez Siemens, qui poursuit la convergence entre intelligence artificielle, jumeaux numériques et automatisation industrielle. L'IA n'est plus envisagée comme un outil indépendant, mais comme une composante des infrastructures elles-mêmes.
Pour les collectivités, cette évolution dépasse largement le cadre industriel.
Inspection automatisée des ouvrages d'art, maintenance prédictive des réseaux d'eau, optimisation énergétique des bâtiments publics, exploitation des réseaux de transport, gestion dynamique de la circulation ou supervision des infrastructures critiques : tous ces domaines sont appelés à intégrer progressivement des systèmes capables de comprendre une situation avant d'assister, voire d'exécuter, certaines opérations.
L'IA devient une capacité opérationnelle.
Les infrastructures deviennent intelligentes
Cette évolution ne concerne pas uniquement les équipements.
Elle transforme également la manière dont les infrastructures dialoguent entre elles.
Demain, un réseau d'eau pourra transmettre automatiquement des informations à un système de gestion énergétique. Une plateforme de mobilité pourra adapter son fonctionnement selon les événements urbains. Un bâtiment intelligent pourra ajuster ses consommations en fonction des contraintes du réseau électrique. Des agents IA pourront coordonner plusieurs services techniques autour d'un même incident.
Chaque système restera spécialisé.
Mais leur coordination deviendra progressivement intelligente.
Cette capacité d'orchestration constitue probablement l'une des évolutions les plus importantes observées à VivaTech.
L'intelligence artificielle cesse d'être une application supplémentaire.
Elle devient progressivement une couche de pilotage des infrastructures.
Elle transforme également la manière dont les infrastructures dialoguent entre elles.
Demain, un réseau d'eau pourra transmettre automatiquement des informations à un système de gestion énergétique. Une plateforme de mobilité pourra adapter son fonctionnement selon les événements urbains. Un bâtiment intelligent pourra ajuster ses consommations en fonction des contraintes du réseau électrique. Des agents IA pourront coordonner plusieurs services techniques autour d'un même incident.
Chaque système restera spécialisé.
Mais leur coordination deviendra progressivement intelligente.
Cette capacité d'orchestration constitue probablement l'une des évolutions les plus importantes observées à VivaTech.
L'intelligence artificielle cesse d'être une application supplémentaire.
Elle devient progressivement une couche de pilotage des infrastructures.
Plus l'IA agit, plus la confiance devient stratégique
Cette évolution modifie profondément les exigences des collectivités.
Une erreur d'un assistant conversationnel reste généralement limitée.
Une erreur d'un système qui pilote un réseau d'eau, coordonne une intervention technique, contrôle un bâtiment ou interagit avec un robot peut avoir des conséquences beaucoup plus importantes.
La question n'est donc plus seulement celle de la performance des modèles.
Elle devient celle de la confiance.
Qui autorise l'IA à agir ?
Comment contrôler ses décisions ?
Comment reprendre la main en cas d'anomalie ?
Comment garantir la cybersécurité des infrastructures connectées ?
Comment assurer la traçabilité des actions réalisées par des agents autonomes ?
Ces questions étaient présentes dans de nombreuses conférences de VivaTech, parfois en arrière-plan, mais toujours avec la même conclusion : plus l'IA devient opérationnelle, plus la gouvernance devient essentielle.
La cybersécurité ne peut plus être ajoutée après le déploiement.
Elle devient une composante native de l'architecture.
Une erreur d'un assistant conversationnel reste généralement limitée.
Une erreur d'un système qui pilote un réseau d'eau, coordonne une intervention technique, contrôle un bâtiment ou interagit avec un robot peut avoir des conséquences beaucoup plus importantes.
La question n'est donc plus seulement celle de la performance des modèles.
Elle devient celle de la confiance.
Qui autorise l'IA à agir ?
Comment contrôler ses décisions ?
Comment reprendre la main en cas d'anomalie ?
Comment garantir la cybersécurité des infrastructures connectées ?
Comment assurer la traçabilité des actions réalisées par des agents autonomes ?
Ces questions étaient présentes dans de nombreuses conférences de VivaTech, parfois en arrière-plan, mais toujours avec la même conclusion : plus l'IA devient opérationnelle, plus la gouvernance devient essentielle.
La cybersécurité ne peut plus être ajoutée après le déploiement.
Elle devient une composante native de l'architecture.
Les collectivités devront transformer leur gouvernance
Le principal défi sera pourtant moins technologique qu'organisationnel.
Les directions du numérique, les directions métiers, les exploitants de réseaux, les responsables cybersécurité, les urbanistes et les élus devront apprendre à piloter des infrastructures où humains, agents IA, robots et systèmes automatisés travailleront de manière coordonnée.
Cette évolution implique de nouvelles compétences.
Elle suppose également de nouveaux mécanismes de supervision, de responsabilité et de décision.
Comme l'ont souligné plusieurs intervenants de VivaTech, la technologie est rarement le principal obstacle.
La difficulté réside désormais dans la capacité des organisations à transformer leurs processus et leur gouvernance.
Les collectivités n'échapperont pas à cette règle.
Les directions du numérique, les directions métiers, les exploitants de réseaux, les responsables cybersécurité, les urbanistes et les élus devront apprendre à piloter des infrastructures où humains, agents IA, robots et systèmes automatisés travailleront de manière coordonnée.
Cette évolution implique de nouvelles compétences.
Elle suppose également de nouveaux mécanismes de supervision, de responsabilité et de décision.
Comme l'ont souligné plusieurs intervenants de VivaTech, la technologie est rarement le principal obstacle.
La difficulté réside désormais dans la capacité des organisations à transformer leurs processus et leur gouvernance.
Les collectivités n'échapperont pas à cette règle.
L'IA physique pose aussi une question de souveraineté
À mesure que l'intelligence artificielle devient une composante des infrastructures urbaines, la souveraineté technologique prend une dimension très concrète.
Pendant longtemps, cette notion concernait principalement l'hébergement des données ou le choix d'un fournisseur cloud. Avec l'IA physique, le périmètre s'élargit.
Lorsqu'un système intelligent contribue à piloter un réseau d'eau, une infrastructure énergétique, un système de mobilité ou un bâtiment public, la question ne porte plus uniquement sur la localisation des données. Elle concerne la maîtrise de l'ensemble de la chaîne technologique : capacités de calcul, logiciels, modèles d'IA, connectivité, cybersécurité, maintenance et dépendance vis-à-vis de fournisseurs critiques.
L'objectif n'est pas de tout développer localement. Ce serait ni réaliste, ni souhaitable.
En revanche, les collectivités devront identifier les dépendances susceptibles d'affecter la continuité des services publics, conserver des alternatives lorsque cela est possible et s'assurer qu'elles gardent la maîtrise des fonctions essentielles de leurs infrastructures.
La souveraineté devient ainsi un enjeu de résilience. Une ville intelligente ne peut pas reposer sur une technologie qu'elle ne comprend pas, qu'elle ne peut pas superviser ou dont elle ne maîtrise plus les conditions d'exploitation.
Pendant longtemps, cette notion concernait principalement l'hébergement des données ou le choix d'un fournisseur cloud. Avec l'IA physique, le périmètre s'élargit.
Lorsqu'un système intelligent contribue à piloter un réseau d'eau, une infrastructure énergétique, un système de mobilité ou un bâtiment public, la question ne porte plus uniquement sur la localisation des données. Elle concerne la maîtrise de l'ensemble de la chaîne technologique : capacités de calcul, logiciels, modèles d'IA, connectivité, cybersécurité, maintenance et dépendance vis-à-vis de fournisseurs critiques.
L'objectif n'est pas de tout développer localement. Ce serait ni réaliste, ni souhaitable.
En revanche, les collectivités devront identifier les dépendances susceptibles d'affecter la continuité des services publics, conserver des alternatives lorsque cela est possible et s'assurer qu'elles gardent la maîtrise des fonctions essentielles de leurs infrastructures.
La souveraineté devient ainsi un enjeu de résilience. Une ville intelligente ne peut pas reposer sur une technologie qu'elle ne comprend pas, qu'elle ne peut pas superviser ou dont elle ne maîtrise plus les conditions d'exploitation.
De la ville connectée à la ville cognitive
Depuis vingt ans, la ville intelligente a surtout consisté à connecter les infrastructures pour mieux comprendre leur fonctionnement.
La décennie qui s’ouvre sera différente.
Les infrastructures urbaines ne se contenteront plus de produire des données. Elles seront progressivement capables de les interpréter, de coopérer entre elles, d’assister les opérateurs dans leurs décisions et, dans certains cas, d’exécuter des actions sous contrôle humain.
Cette évolution ouvre des perspectives importantes pour la gestion de l’eau, de l’énergie, des mobilités, des bâtiments et des espaces publics. Mais elle impose aussi de nouvelles exigences en matière de gouvernance, de cybersécurité, de résilience et de souveraineté technologique.
Plus les infrastructures urbaines s’appuieront sur l’intelligence artificielle, plus les collectivités devront maîtriser les dépendances associées : données, logiciels, modèles, connectivité, fournisseurs critiques et conditions d’exploitation. Il en va de la continuité des services publics autant que de la confiance des citoyens.
Le principal enseignement de VivaTech 2026 est peut-être là.
La prochaine génération de villes intelligentes ne sera pas définie par le nombre de capteurs installés ni par la quantité de données collectées. Elle sera jugée sur sa capacité à intégrer l’intelligence artificielle dans ses infrastructures sans en perdre la maîtrise.
Demain, une ville réellement intelligente ne sera pas seulement une ville plus connectée. Ce sera une ville capable de gouverner l’intelligence qui agit en son cœur, au service des citoyens.
La décennie qui s’ouvre sera différente.
Les infrastructures urbaines ne se contenteront plus de produire des données. Elles seront progressivement capables de les interpréter, de coopérer entre elles, d’assister les opérateurs dans leurs décisions et, dans certains cas, d’exécuter des actions sous contrôle humain.
Cette évolution ouvre des perspectives importantes pour la gestion de l’eau, de l’énergie, des mobilités, des bâtiments et des espaces publics. Mais elle impose aussi de nouvelles exigences en matière de gouvernance, de cybersécurité, de résilience et de souveraineté technologique.
Plus les infrastructures urbaines s’appuieront sur l’intelligence artificielle, plus les collectivités devront maîtriser les dépendances associées : données, logiciels, modèles, connectivité, fournisseurs critiques et conditions d’exploitation. Il en va de la continuité des services publics autant que de la confiance des citoyens.
Le principal enseignement de VivaTech 2026 est peut-être là.
La prochaine génération de villes intelligentes ne sera pas définie par le nombre de capteurs installés ni par la quantité de données collectées. Elle sera jugée sur sa capacité à intégrer l’intelligence artificielle dans ses infrastructures sans en perdre la maîtrise.
Demain, une ville réellement intelligente ne sera pas seulement une ville plus connectée. Ce sera une ville capable de gouverner l’intelligence qui agit en son cœur, au service des citoyens.