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Avec Votechain, Orange s’investit dans le scrutin dématérialisé


Rédigé par le Jeudi 23 Mars 2017 à 14:29 | Lu 1019 fois


En France, le vote électronique peine à s’installer, par peur des cyberattaques pendant le déroulement d’un scrutin. La « blockchain » qui permet de s’affranchir de la notion de tiers de confiance tout en permettant de contrôler le bon déroulement du scrutin pourrait bien remettre le sujet sur la table. À un mois du premier tour de la présidentielle, le groupe Orange présente « VoteChain », un processus qui utilise la technologie de la chaîne de blocs.


Votechain, le vote électronique qui utilise la technologie Blockchain (Photo Fotolia - Medhi Fedouach - Orange)
Votechain, le vote électronique qui utilise la technologie Blockchain (Photo Fotolia - Medhi Fedouach - Orange)
Le gouvernement français a récemment écarté la possibilité, pour les Français résidant à l’étranger, de voter par voie électronique, relançant le débat autour des machines à voter. Mais avec l’évolution des technologies, et notamment celle de la « blockchain », des solutions nouvelles commencent à être explorées pour aboutir à des élections dématérialisées entièrement sécurisées. Orange l’entreprise française de télécommunications qui s’investit dans les technologies numériques se penche sérieusement sur la question avec « Votechain » un projet faisant appel à la chaîne de blocs de données.
 
« Votechain est solution de vote électronique que l’ont a décidé d’intégrer à la blockchain », explique Guillaume Odriosolo, « Sérial Intrapreneur » à Orange Vallée (*) et directeur du projet Votechain à un parterre de décideurs angevins. « Ça permet de voter simplement et en toute confiance avec une technologie de distribution et de décentralisation de l’information qui assure à chacun la possibilité de vérifier les résultats du scrutin et son bon déroulement ».
 
Ce système de vote dématérialisé qui utilise la technologie de la chaîne de bloc (Blockchain), duplique la même information sur plusieurs serveurs qui permettent de faire en sorte que si l’un des serveurs est attaqué ou défaillant, d’être soutenue par les autres. « À l’exemple du réseau internet qui assure la continuité du service quand l’un des circuits est défaillant », précise Guillaume Odriosolo. «  On s’appuie sur cette technique pour sécuriser les scrutins ».
 
Mais si la blockchain offre l’équivalent d’une base de données distribuée, consultable et vérifiée par les utilisateurs du réseau, très utilisée depuis 2008 pour la cryptomonnaie « Bitcoin », se pose toujours la question de la sécurité et sur la possibilité de violer le système pour en modifier le résultat du scrutin.
« C’est un outil d’aide à la décision qui contribue à mettre en place une dynamique citoyenne dans la cité  »
C’est cette répartition qui permet à chacun de ne pas être le seul propriétaire des données d’assurer la sécurité du système, le rendant de fait moins opaque, plus transparent, « chacun pouvant observer le bon déroulement du scrutin, comme il le ferait dans un bureau de vote », poursuit le directeur de Votechain.  «  La blockchain c’est comme un grand livre ouvert que chacun peut consulter, mais qu’il ne peut pas effacer. Je vote, mais personne ne pourra effacer mon vote ou le modifier ».
 
À cela s’ajoute le fait que personne ne peut voter plusieurs fois puisqu’il bénéficie lors de l'invitatation par mail ou SMS, d’un jeton électronique crypté, un « token », assimilable à un bulletin de vote et qui peut être utilisé de manière unique. « Vous pouvez transmettre ce jeton à quelqu’un d’autre, mais dans tous les cas il ne pourra être utilisé qu’une seule fois », répond  Guillaume Odriosolo à un élu local qui lui pose la question.
 
L’objectif d’Orange, tout au moins dans l’immédiat, n’est pas de proposer ce système pour l’ensemble des élections républicaines, mais plutôt le suggérer aux collectivités territoriales, aux syndicats professionnels, aux associations, qui pourraient s’en saisir pour des consultations d'initiatives locales. «  Le choix que l’on a fait c’est celui de la commune, sans pour autant envisager de l’utiliser lors de l’élection du maire, mais plutôt donner au Conseil municipal la possibilité de consulter sur le nom d’une nouvelle médiathèque ou la faisabilité de travaux », explique Guillaume Odriosolo. « C’est un outil d’aide à la décision qui contribue à mettre en place une dynamique citoyenne dans la cité ».
 
Si personne n’a accès au vote de son voisin, il en est de même pour la liste électorale qui reste accessible par le seul organisateur du vote lancé sur Votechain. « En aucun cas Orange n’a accès à cette liste pour ses démarches commerciales. C’est justement l’avantage de la blockchain », précise le directeur de Votechain. 


(*) Orange Vallée est une filiale du groupe Orange dédiée à l'innovation. Sa mission principale est le développement et la commercialisation de nouvelles offres de télécommunication autour de services web2 en France et à l'international. Cette division, qui travaille à la manière d'une startup est chargée de faire aboutir rapidement les projets.



Yannick Sourisseau
- Web journaliste et rédacteur en chef de Ville Intelligente Mag - Formateur journalisme en ligne... En savoir plus sur cet auteur


              


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