Le CES 2026 (Las Vegas, 6-9 janvier 2026) a confirmé un glissement net : l’innovation “urbaine” ne se résume plus à des capteurs ou à des applications isolées. Ce qui progresse le plus vite, ce sont les outils qui aident une ville à mieux décider, mieux exploiter ses équipements et mieux gérer les flux, avec des résultats mesurables sur la mobilité, l’énergie, la maintenance et la résilience.
1) L’interopérabilité devient un sujet politique, pas technique
Sur le terrain, une ville n’achète pas une technologie, elle achète une capacité à faire fonctionner ensemble des équipements hétérogènes (bâtiments, éclairage, stationnement, capteurs, logiciels métiers). Au CES 2026, de nombreux acteurs ont insisté sur les standards ouverts, notamment autour de l’IoT, parce que c’est souvent la condition pour éviter l’enfermement fournisseur et faire évoluer un parc sur 10-15 ans.
Exemples au CES 2026 :
Une conférence du CES dédiée à l’interopérabilité des technologies urbaines a mis en avant un sujet très “villes” : faire dialoguer, dans la durée, des équipements et systèmes hétérogènes (capteurs, réseaux, plateformes) malgré des cycles d’évolution rapides.
Côté capteurs urbains à grande échelle, la LoRa Alliance a illustré une approche éprouvée “capteur vers cloud”, pensée pour le passage à l’échelle et l’intégration de fournisseurs multiples. Et, en complément pour l’interopérabilité à l’intérieur des bâtiments (logements, bâtiments publics, sites tertiaires), les sessions autour de Matter ont montré comment un standard peut faciliter la compatibilité entre équipements de marques différentes, une logique utile dès qu’une ville veut connecter et piloter des bâtiments sans se retrouver prisonnière d’un écosystème fermé.
Ce que cela change pour une ville Dans les appels d’offres, les exigences “interop” (API, formats, compatibilités, réversibilité) doivent être contractualisées au même niveau que le prix et la performance.
2) Le “jumeau numérique” sort du bureau d’études et arrive dans l’exploitation
Au CES 2026, le jumeau numérique n’est plus seulement un outil de conception ou de simulation isolée. Il devient un instrument de pilotage quotidien : relier des données réelles à des modèles virtuels permet de tester des scénarios, prendre des décisions plus rapides et suivre l’impact des actions avant et après leur mise en œuvre.
Exemples au CES 2026 :
Cas d’usage “villes” actionnables
Exemples au CES 2026 :
Dassault Systèmes a présenté une expérience de jumeaux virtuels multi-échelles, où l’on navigue de la ville au domicile, puis à la personne, pour illustrer comment données et simulation peuvent s’articuler dans une boucle de décision continue. Bien que la démonstration soit centrée sur la santé, cette approche est directement transposable à la gestion urbaine — du quartier à l’équipement en passant par l’usage réel des habitants
Siemens a dévoilé Digital Twin Composer, une solution qui associe jumeau 3D, données en temps réel et simulation par IA pour anticiper les impacts de modifications avant intervention réelle.
Commonwealth Fusion Systems (CFS) a annoncé, avec Siemens et NVIDIA, un jumeau numérique du réacteur SPARC, capable d’ingérer données et modèles pour tester des hypothèses et accélérer l’ingénierie de systèmes complexes.
NVIDIA a mis en avant Mega, une approche Omniverse pour simuler et optimiser des flottes de robots et systèmes automatisés dans un environnement virtuel avant leur déploiement.
Cette nouvelle génération de jumeaux numériques illustre une tendance forte : leur utilisation ne se limite plus aux grandes opérations ou aux prototypes, mais devient un levier stratégique pour planifier, exploiter et améliorer les infrastructures et services urbains Cas d’usage “villes” actionnables
- Planifier des travaux de voirie avec simulation des impacts sur circulation et accessibilité.
- Prioriser la rénovation énergétique des bâtiments publics avec scénarios “avant/après”.
- Piloter la maintenance d’équipements (pompes, éclairage, HVAC) via une vue unifiée de l’actif et de son historique.
3) Stationnement et mobilité : l’IA progresse, mais la donnée locale devient clé
Un exemple parlant côté mobilité : Bosch a présenté au CES 2026 une plateforme cockpit IA et des fonctions capables, notamment, d’aider à trouver une place de stationnement.
Au-delà de ce type d’aide, le salon a aussi confirmé que les véhicules autonomes avancent enfin vers des usages réels. Des constructeurs comme Mercedes poussent la conduite de niveau 3, où la voiture peut gérer certaines situations sans intervention constante du conducteur — une étape importante pour les villes et leur infrastructure circulatoire.
Des annonces autour de plateformes d’IA pour véhicules autonomes (comme Alpamayo de NVIDIA) et des projets de taxis robotisés présentés au CES montrent que la mobilité sans conducteur, même partielle ou en zone partagée, est désormais une piste tangible.
Pourquoi cela concerne directement les villes
Le vrai enseignement pour une collectivité
Au-delà de ce type d’aide, le salon a aussi confirmé que les véhicules autonomes avancent enfin vers des usages réels. Des constructeurs comme Mercedes poussent la conduite de niveau 3, où la voiture peut gérer certaines situations sans intervention constante du conducteur — une étape importante pour les villes et leur infrastructure circulatoire.
Des annonces autour de plateformes d’IA pour véhicules autonomes (comme Alpamayo de NVIDIA) et des projets de taxis robotisés présentés au CES montrent que la mobilité sans conducteur, même partielle ou en zone partagée, est désormais une piste tangible.
Pourquoi cela concerne directement les villes
Si les véhicules et leurs applications deviennent meilleurs pour guider et “préparer” l’arrivée, l’efficacité dépend de la qualité de la donnée urbaine : règles, disponibilité, travaux, zones à accès réglementé, tarification, horaires.
Le vrai enseignement pour une collectivité
La mobilité de demain récompense les territoires qui structurent une donnée de voirie fiable, à jour, partageable, avec un cadre clair (conditions d’usage, responsabilités, cybersécurité).
4) Les robots envahissent le CES
Le CES 2026 a marqué une étape : jamais autant de robots, dans autant de configurations, n’avaient été visibles sur le salon. De l’IA physique aux humanoïdes, en passant par des machines spécialisées ou collaboratives, la robotique montre une capacité accrue à interagir avec des environnements réels plutôt que de rester dans des démonstrations de laboratoire.
Le salon a exposé une diversité de robots capables de tâches de plus en plus complexes, appuyés par l’IA et des capteurs sophistiqués : des humanoïdes sophistiqués marchant, saisissant et manipulant des objets aux machines spécialisées pour l’assistance et la logistique.
Exemples marquants au CES 2026
Un aéroport ou un hub urbain ressemble à une petite ville : logistique, sécurité, maintenance, flux et gestion d’aléas y coexistent. Les technologies robotisées exposées (autonomie, IA embarquée, perception 3D, navigation en milieu réel) ouvrent des pistes pour des applications urbaines :
Le salon a exposé une diversité de robots capables de tâches de plus en plus complexes, appuyés par l’IA et des capteurs sophistiqués : des humanoïdes sophistiqués marchant, saisissant et manipulant des objets aux machines spécialisées pour l’assistance et la logistique.
Exemples marquants au CES 2026
Atlas de Boston Dynamics a fait sensation avec une démonstration publique où il a marché et interagi de manière fluide, illustrant la maturité des humanoïdes pour des applications industrielles et logistiques.
Des modèles comme Agibot A2 et X2, robots humanoïdes chinois, ont impressionné par leurs mouvements réalistes (marcher, saluer, danser), signes d’une robotique plus expressive et versatile.
Sur le salon, des robots aux usages variés (assistants personnels, robots compagnons ou machines spécialisées) ont montré une capacité à travailler autour des humains, à s’adapter à des contextes non structurés et à apprendre des tâches répétées.
Pourquoi c’est intéressant pour les villes Un aéroport ou un hub urbain ressemble à une petite ville : logistique, sécurité, maintenance, flux et gestion d’aléas y coexistent. Les technologies robotisées exposées (autonomie, IA embarquée, perception 3D, navigation en milieu réel) ouvrent des pistes pour des applications urbaines :
- logistique des services techniques (déplacements et transport d’objets entre sites),
- opérations de propreté et entretien automatisées,
- inspection et maintenance d’infrastructures complexes (dépôts, parkings, tunnels, zones portuaires).
5) Les “communautés connectées” : la sécurité humaine redevient un objectif central
Le CES met en avant le thème “Smart Communities”, avec des discussions sur la mobilité connectée et la sécurité humaine comme fondation de l’innovation. Ce point est important pour les villes : on observe un retour du “service” et de la confiance (sûreté, continuité, transparence) comme critères de sélection, au même titre que la performance technique.
Traduction opérationnelle
Traduction opérationnelle
Une innovation urbaine crédible en 2026 se juge aussi sur : protection des données, robustesse en cas de crise, capacité à fonctionner en mode dégradé, traçabilité des décisions algorithmiques.
6) Ce que le CES 2026 suggère pour les achats publics en 2026
Le salon envoie un message simple : la valeur ne vient plus d’un “outil”, mais d’un ensemble cohérent (données, interopérabilité, exploitation, sécurité). Pour les collectivités, cela pousse à changer la méthode :
- Acheter des résultats (temps de parcours, coût d’exploitation, taux de panne, confort d’usage) plutôt que des fonctionnalités.
- Imposer l’interopérabilité dès le départ, sinon on paie deux fois (à l’achat, puis à l’intégration).
- Faire du jumeau numérique un outil de pilotage, pas une vitrine, en le reliant aux données d’exploitation.
Conclusion : le CES 2026 n’est pas “la ville du futur”, c’est la ville mieux gérée
Ce que le CES a montré en janvier 2026, c’est une montée en maturité : standards pour connecter, jumeaux numériques pour décider, IA pour fluidifier, robotique pour fiabiliser des opérations critiques. Pour une ville, l’opportunité est là, à condition de traiter la donnée, l’interopérabilité et la gouvernance comme un socle, pas comme un détail technique.













