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Empreintes : du village olympique à l’éco-quartier familial


Rédigé par le Mardi 10 Décembre 2019 à 16:29 | Lu 7976 fois


Paris et sa métropole vont accueillir, en 2024, les Jeux Olympiques d’été. Cet événement international qui va faire rayonner la capitale et le pays tout entier nécessite de construire et aménager des équipements sportifs et associés, réutilisables. C’est le cas de l’ile Saint Denis, au nord de Paris qui accueillera le village des athlètes, un éco-quartier fluvial réversible dont la réalisation est confiée au groupement Pichet-Legendre.


Le projet d'aménagement du village olympique réversibles (Photo © groupes Pichet et Legendre)
Le projet d'aménagement du village olympique réversibles (Photo © groupes Pichet et Legendre)
Construire ou réaménager des équipements sportifs durables, c’est-à-dire respectueux de l’environnement, économe en énergie et ayant un impact carbone le plus bas possible font partie des enjeux que se sont fixés le comité olympique français et les collectivités qui vont accueillir cette compétition internationale. Certes l’addition, sera salée : environ 6,8 milliards d’euros, mais les organisateurs français et en premier lieu la Ville de Paris, s’engagent sur la maitrise financière de ce budget colossal et l’obligation de pouvoir réutiliser les équipements. Dès lors il apparait important de les imaginer sportifs, mais aussi durables et solidaires, afin qu’ils laissent une trace de leur origine sans couter ensuite aux collectivités et aux franciliens, bien au contraire. C’est le cas notamment du village des athlètes, qui sera construit sur l’Ile Saint Denis, la plus grande ile de la Seine, située non loin du Stade de France où se dérouleront la plupart des compétitions.
 
Baptisé « Empreintes », le nom n’a pas été choisi au hasard, ce village constitué de bureaux pour les délégations sportives, comité olympique, de logements clés en main pour les sportifs de haut niveau, conciergerie, d’espaces médicaux et de stockage, de lieux de restauration, de salle de réunion et préparation – récupération sportives, devra être conçu pour accueillir quelques 2500 sportifs et officiels qui partagent une passion commune : le sport. Un vrai village, au sein de la grande métropole parisienne.
 
Pour les concepteurs, le groupement des entreprises de l'immobilier et du BTP,  Pichet et Legendre qui vient de remporter la consultation de cet ensemble immobilier mixte de 47 000 m2 de plancher, réparti en 15 bâtiments, le site doit être pensé pour être reconfiguré après les jeux olympiques, en un éco-quartier de vie, au sein de l’éco-quartier fluvial en cours d’aménagement de l’Ile Saint Denis.
 
« L’éco-quartier fluvial de l’île Saint Denis nous donne l’occasion d’imaginer et concevoir un quartier exemplaire et unique », déclare dans un communiqué, Patrice PICHET, PDG du groupe immobilier Pichet dont le siège est situé à Pessac, près de Bordeaux. « C’est un challenge qui va nous permettre de construire un lieu de vie inclusif, accessible, humain, durable et sportif. Pour nous c’est un projet incroyable et enthousiasmant ». On le serait à moins…
 
Propos appuyés par Vincent LEGENDRE, à la tête de l’entreprise rennaise LEGENDRE, depuis 2015. « Créer des univers atypiques et durables est clairement dans notre ADN. Ce projet en est l’incarnation et nous sommes fiers d’avoir été choisis par la SEM Plaine Commune Développement pour le bâtir ». 
 
Pour les deux entreprise françaises et familiales qui se sont associées pour l’occasion il était important de proposer « un projet fiable qui s’inscrit dans la durée ». Et visiblement leur proposition, et notamment le montage financier et juridique, simple et sécurisé, a séduit les organisateurs et maitres d’ouvrages : la Ville de l’Ile Saint Denis et la SEM Plaine Commune Développement. A cela s’ajoute le choix de l’équipe de maitrise d’œuvre, structurée autour de 3 agences de renommée internationale : CHARTIER DALIX, récemment nommé architecte de la Tour Maine-Montparnasse, l’agence parisienne PETITDIDIER PRIOUX et l’agence Franco-suédoise EGA ERIK GIUDICE Architecture, spécialiste des éco-quartiers et des construction bois.
 

Prolonger la convivialité et l’hospitalité qui forgent l’identité de l’Ile Saint Denis

D’emblée, « Empreintes » s’inscrit dans une démarche bas-carbone de pointe, avec des bâtiments qui reposent sur l’excellence environnementale des matériaux, la conception bioclimatique des bâtiments, la gestion vertueuse des eaux pluviales, une démarche d’économie circulaire volontaire, une logistique fluviale du chantier, l’autoconsommation électrique des bâtiments, et, cerise sur le gâteau : la réversibilité des bâtiments. Un cercle vertueux que s’imposent donc les concepteurs et qui doit avoir valeur d’exemple.
 
« Empreintes s’inscrit dans la continuité de la première phase de l’éco-quartier fluvial de l’île Saint Denis en prolongeant la convivialité et l’hospitalité qui forgent son identité », affirment les concepteurs. Pour cela le projet olympique s’appuiera sur les associations locales et les structures de l’économie sociale et solidaire ainsi que les entrepreneurs déjà implantés dans le quartier. Cette collaboration conduira à la création d’un « cluster de l’économie fluviale », une grande première, et une « Cité des Arts Urbains », un équipement qui permettra d’accueillir les jeunes talents de ce quartier parisien, mais aussi internationaux. 
 
Et puisqu’il s’agit d’une île, cet équipement accueillera également une base nautique animée par la Fédération et l’Union Nationale Sportive Léo Lagrange. Cette base de loisirs sera dédiée aux activités nautiques et sportives familiales. 
 
L’opération qui accueillera à termes 35 logements familiaux en accession libre et sociale, mais aussi locatifs sociaux, dont une partie en habitat participatif, un hôtel « durable » de 135 chambres, des commerces et activités, des logements réversibles et une centrale de mobilité d’environ 400 places, sera réalisée en deux phases : la phase « jeux olympiques » qui débutera en 2020 pour s’achever début 2024 et la phase « héritage » qui débutera fin 2024 pour une durée d’un an.  Le projet devrait créer 800 emplois directs dont 130 dédiés à l’ESS. Son coup ne devra pas dépasser 3500 € selon le charte promoteur de la SEM Plaine Commune. Un pari qui sera difficile à tenir eu égard des matériaux qui seront employés. 


Yannick SOURISSEAU
- Web journaliste et rédacteur en chef de Ville Intelligente Mag - Formateur journalisme en ligne... En savoir plus sur cet auteur


              


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