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La technologie : un esclave utile mais un maître dangereux


Rédigé par Luc BELOT le Samedi 27 Mai 2017 à 14:54 | Lu 691 fois


En 2016, le parlementaire angevin, Luc Belot, est chargé par le Premier ministre français d’une réflexion sur « l’avenir de la ville intelligente en France ». Un vaste sujet sur lequel se penchent un nombre croissant de collectivités. Cette mission parlementaire a conduit à la rédaction d’un imposant rapport, intéressant à plus d’un titre, dont nous publions un extrait chaque semaine sous forme d’une tribune ayant pour objectif de faire prendre conscience des enjeux en la matière.


Smartphone et objets connectés ne rendent pas la ville plus astucieuse (smart), mais seulement technologique... (photo LDD Pixabay)
Smartphone et objets connectés ne rendent pas la ville plus astucieuse (smart), mais seulement technologique... (photo LDD Pixabay)
Face aux enjeux de la Smart-City, la tentation est grande de la ville « industrialisée », faite uniquement de capteurs, d’algorithmes, d’efficience dans les silos (circulation, énergie, stationnement, …), alors que la promesse de la ville intelligente ce sont les transversalités.
 
La ville n’est pas un système d’exploitation, elle est à la fois « le support et la conséquence de l’organisme vivant qui l’habite » comme définit par Jean de Rosnay, biologiste et prospectiviste.
 
A l’opposé d’un modèle qu’il suffirait de copier et démultiplier, un projet de smart city c’est d’abord une démarche, la construction d’une méthode d’action et de réflexion au service d’un projet politique du vivre ensemble.
 
La smart city c’est passer de la ville Informatique à la ville Numérique. Il s’agit de construire une ville collaborative, contributive, disruptive, inclusive, créative.
 
Pour saisir cette chance, il convient cependant de construire la ville intelligente dans le bon sens, en partant de l’habitant, de ses besoins et de ses demandes. Plusieurs villes nées de l’idée que la technologie pouvait se substituer à un projet urbain ont vu le jour sans faire la démonstration, à ce jour, de leur modèle. On peut citer par exemple Masdar (Emirats Arabes Unis) ou Songdo (Corée du Sud).
« la vie et l’histoire de l’humanité vont de nouveau s’écrire dans la proximité » 
Pour mettre en place des stratégies smart city les pouvoirs publics doivent donc, comme les entreprises du numérique, placer « l’expérience citoyen » au centre de l’élaboration des politiques publiques (passer du « user-centric » au « citizen-centric »). Cela appelle une plus grande concertation, co-élaboration et co-gestion des services publics et privés, facilitées par les outils numériques dans une logique du droit à la ville pour tous.
 
En construisant avec les habitants, les pouvoirs publics améliorent la décision, et la ville devient plus intelligente. Les outils numériques amplifient ce phénomène, le facilitent et améliorent l’efficacité des services.
 
Car après une mondialisation de bon nombre de produits, de modèles et de services, la vie et l’histoire de l’humanité vont de nouveau s’écrire dans la proximité : le XXIème siècle sera indéniablement celui des villes, celui des territoires.

Ainsi des priorités (au moins trois)  se distinguent clairement pour mettre l’humain au cœur des villes intelligentes qui doivent devenir les principes directeurs pour la construction de tous les projets smart city . 

Prochaine tribune, samedi 3 juin : «  La smart city : une chance pour les territoires et leurs habitants  ». 

 

​Les trois principes directeurs de la smart city

Principe n°1 : Organiser une réelle gouvernance
Chaque structure intercommunale devra se doter d’une structure de gouvernance associant à minima élus et administration, et plus efficacement l’enseignement supérieur et des acteurs économiques, permettant de sortir des politiques de silo vers une réelle transversalité.

Principe n°2 : Assurer la souveraineté, éviter la privatisation de la ville
Les enjeux de souveraineté doivent être appropriés à tous les niveaux de décisions pour s’assurer que les territoires gardent la maîtrise de la donnée, des outils, applications smartphone, des logiciels métiers, et que la standardisation et la réversibilité soient des préalables.

Principe n°3 : Garantir une ville inclusive
Donner une place à chaque citoyen, sans fracture sociale ou numérique. Dans une vraie logique « d’empowerment » le mettre au cœur des projets en passant d’une approche centrée usager (user centric) à une approche centrée citoyen (citizen centric).  

La technologie : un esclave utile mais un maître dangereux
LUC BELOT, auteur du rapport De la Smart City au Territoire d’Intelligence[s], remis au Premier ministre Bernard Cazeneuve, le 18 avril 2017, est député de la 1ère circonscription de Maine-et-Loire. Entre 2015 et 2016, il fut rapporteur du projet de loi pour « une République numérique » et du projet de transposition de directive sur la gratuité, les modalités et la réutilisation des informations du secteur public, dite directive PSI (Public sector information).

Son intérêt pour le numérique, de longue date, s’inscrit également dans des actions locales et notamment lorsqu’il était adjoint à l’éducation de la ville d’Angers, en menant une expérimentation sur la réorganisation des rythmes scolaires et en déployant 1300 tablettes dans les classes du primaire. Il est également l’un des artisans du cluster industriel La cité de l’objet connecté, à Angers,  issu du programme Nouvelle France Industrielle.





              

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