Le Gouvernement français se positionne en faveur de l’hydrogène décarboné


Rédigé par le Mardi 12 Janvier 2021 à 11:49 | Lu 1615 fois


En annonçant lundi 11 janvier, la mise en place du conseil national pour l’hydrogène, Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, et Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée en charge de l’Industrie, se positionnent nettement en faveur du développement de l’hydrogène sur le territoire français.


L'hydrogène équipe de plus en plus de véhicule, mais les points de rechargement sont encore très éloignés (Photo Adobe Stock)
L'hydrogène équipe de plus en plus de véhicule, mais les points de rechargement sont encore très éloignés (Photo Adobe Stock)
Levier de transition énergétique, l’hydrogène est gaz léger, naturellement présent dans l’univers. Il se combine avec beaucoup d’éléments chimiques, dont il peut être facilement extrait, notamment l’eau, – qui ne se rappelle pas la célèbre formule H2O de ses cours de chimie au collège – , ou des hydrocarbures.  Si l’hydrogène constitue une vraie piste d’avenir en permettant le développement des énergies renouvelables décentralisées et l’explosion de solutions de mobilité verte, grâce à des piles à combustibles, mais pas seulement, il est impératif qu’il soit produit à partir de ressources renouvelables pour considérer ce gaz comme décarboné. Ce qui n’est pas gagné, d’autant plus quand on évoque sa production à partir des hydrocarbures. 
 
Pour trouver les solutions qui s’imposent et faire en sorte que ce gaz se généralise, de même que sa production décarbonée (ou presque…), le Gouvernement Français a fait le choix d’accélérer massivement ses investissements en faveur du développement de l’hydrogène décarboné. 
 
Au total, 7 milliards d’euros seront investis d’ici 2030 selon la Stratégie nationale pour le développement de l’hydrogène décarboné publiée par le gouvernement le 8 septembre 2020, dont 2 milliards d’euros d’ici 2022 dans le cadre de France Relance, ont annoncé conjointement Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, et Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée en charge de l’Industrie. Cette dernière étant présente pour mobiliser les industriels.
 
« Un passage rapide à l’échelle industrielle pour permettre une baisse significative des coûts de production ».

 La stratégie gouvernementale vise trois priorités qui conjuguent développement technologique et transition écologique :
  • la décarbonation de l’industrie pour contribuer à l’atteinte de la neutralité carbone en 2050 en faisant émerger une filière française de l’hydrogène;
  • le développement des mobilités lourdes à l’hydrogène ;
  • le soutien à la recherche, l’innovation et le développement des compétences.
 
Pour les trois ministres qui font front commun sur le sujet, « l’objectif est surtout d’accélérer la maîtrise technologique des composants essentiels de la chaîne de valeur et un passage rapide à l’échelle industrielle pour permettre une baisse significative des coûts de production ».
 
Ces derniers ont rappelé, lors de leur conférence de presse que depuis l’annonce de la Stratégie nationale pour le développement de l’hydrogène décarboné, en septembre dernier, des actions ont déjà été engagées :
 
  • le lancement, le 14 octobre 2020, des deux Appels à Projets « Briques technologiques et démonstrateurs » et « Ecosystèmes territoriaux », dotés respectivement de 350 et 275 millions d’euros mobilisant le Programme Investissements d’Avenir ;
  • l’installation d’un Programme Prioritaire de Recherche (PPR) « applications de l’hydrogène » mobilisant également les moyens du Programme des Investissements d’Avenir pour soutenir la recherche en amont et préparer la future génération des technologies de l’hydrogène ; ce programme sera piloté scientifiquement par le CEA et le CNRS ;
  • au niveau européen, la signature conjointe par 23 Etats-membres, le 17 décembre 2020, d’un manifeste pour le développement d’une chaîne de valeur de l’hydrogène. Il s’agit du point de départ d’un nouveau Projet important d’intérêt européen commun (PIIEC) qui sera mis en œuvre sur l’année 2021.
 
C’est pour assurer une mise en œuvre efficace de la Stratégie nationale pour le développement de l’hydrogène décarboné, que les trois ministres ont décidé la création du Conseil national de l’hydrogène.
 
Cette instance, dont la composition est proposée par Alexandre Saubot, vice-président du Conseil national de l’industrie, aura pour rôle de « structurer les échanges entre l’Etat et les parties prenantes de la mise en œuvre de la stratégie, en particulier les filières industrielles, et de mesurer le bon déroulement des actions prévues pour identifier, le cas échéant, les éventuels freins ». 
 
Elle contribuera ainsi au développement d’une filière française compétitive de l’hydrogène décarboné, favorisera l’émergence de projets collectifs visant à la structuration d’une chaîne de valeur complète sur notre territoire ou dans le cadre de coopérations européennes.

La composition du conseil national pour l’hydrogène

La composition de ce conseil, qui se réunira dans le cadre du Conseil national de l’industrie et associera également Régions de France, est la suivante :  
 
  • Philippe Boucly, président de France Hydrogène
  • Laurent Carme, directeur général de McPhy ;
  • Frédéric Chalmin, directeur général de KemOne, représentant le Comité Stratégique de Filière Chimie & Matériaux ;
  • Philippe Darmayan, président d’ArcelorMittal France, représentant le Comité Stratégique de Filière Mines et Métallurgie ;
  • Jean-Brice Dumont, directeur exécutif de l’ingénierie et membre du comité exécutif d’Airbus, représentant le Comité Stratégique de Filière Aéronautique 
  • Gabrielle Gauthey, directrice générale du Carbon Neutrality Business de Total ;
  • Hervé Guillou, président du Comité Stratégique de Filière Industriels de la Mer
  • François Jacq, administrateur Général du CEA ;
  • Patrick Koller, directeur Général de Faurecia, représentant le Comité Stratégique de Filière Automobile ;
  • Jean-Bernard Lévy, président-directeur général d’EDF ;
  • Catherine MacGregor, directrice générale d’Engie ;
  • Benoît Potier, président-directeur général d’Air Liquide et co-président du Conseil mondial de l’hydrogène ;
  • Henri Poupart-Lafarge, président-directeur général d’Alstom et représentant le Comité Stratégique de Filière Ferroviaire ;
  • Alexandre Saubot, président de France Industrie ;
  • Guy Sidos, président-directeur général de Vicat et représentant le Comité Stratégique de Filière Construction ;
  • Pierre Verzat, président de Syntec ingénierie.
 
La coordination des industriels membres du Conseil national de l’hydrogène sera assurée via une co-présidence entre Patrick Koller et Benoit Potier. Le secrétariat du conseil sera assuré par le coordinateur interministériel qui sera prochainement nommé, en lien avec les délégués permanents du comité stratégique de filière Nouveaux systèmes énergétiques et de France Hydrogène.
 
La première réunion du Conseil national de l’hydrogène se tiendra dans le courant du mois de janvier. Elle permettra notamment de faire un premier bilan de la mise en œuvre de la Stratégie nationale pour le développement de l’hydrogène décarboné et de faire un point d’étape sur la construction et le calendrier du PIIEC.



Yannick SOURISSEAU
- Web journaliste et rédacteur en chef de Ville Intelligente Mag - Formateur journalisme en ligne... En savoir plus sur cet auteur


              

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