Métropole d’Angers : la ferme solaire des Ponts-de-Cé est entrée en production


Rédigé par le Lundi 16 Décembre 2019 à 11:25 | Lu 9074 fois


Au demeurant le projet n’a rien d’original. Des fermes solaires qui permettent d’alimenter en énergie électrique des villes et villages, poussent un peu partout en France et dans le monde. Mais celle de la Petite Vicomté, située sur le territoire des Ponts-de-Cé, une ville de la métropole angevine, et qui vient de démarrer sa production, est la plus grande du département de Maine-et-Loire. Bien intégrée dans le site, elle pourra couvrir, en énergie « verte », l’équivalent d’une ville de 8000 habitants.


La ferme solaire de la Petite Vicomté coté nord avec vue sur l'Authion, la Loire et les Ponts-de-Cé (photo drone A l'Ouest Images)
La ferme solaire de la Petite Vicomté coté nord avec vue sur l'Authion, la Loire et les Ponts-de-Cé (photo drone A l'Ouest Images)
Pour ceux qui empruntent chaque jour la route qui longe le coté droit de la Loire, entre Angers et Saumur, sur la levée qui permet d’éviter que le fleuve prenne ses aises lors des crues hivernales, impossible de voir les panneaux voltaïques installées sur le site de la Petite Vicomté. L’ensemble est bien dissimulé dans la verdure et il n’y a bien que par la voie des airs, ou en empruntant les chemins piétonniers qui bordent l’Authion, un des affluents de la rive droite de la Loire, ou le lac du puit Napoléon, l’ancienne carrière d’ardoises à ciel ouvert de Trélazé, la ville voisine, que l’on peut apercevoir l’installation. Volonté des élus locaux, l’intégration dans le site a donc été particulièrement soignée.
 
Initialement le site qui faisait partie des nombreux lieux d'excavation de la zone ardoisière de Trélazé était depuis 1976, une décharge publique à ciel ouvert. Nouvelles règlementations du traitement des déchets obligent, l’exploitation du site est officiellement abandonnée en 2008, laissant le champ libre à une autre utilisation. Ce terrain de 16 ha, devenait, une fois les déchets enfouis pour ceux qui pouvaient l’être, disponible pour des projets d'envergure. C’est en 2009 que la commune des Ponts de Cé, s’intéresse au site de la Petite Vicomté pour y construire une ferme solaire susceptible d’alimenter en énergie électrique plusieurs milliers de foyers environnants. La ville des bords de Loire, située au sud d’Angers, est rejointe en 2010 par la SEM Energie Angers Agglomération et l’EPCI Angers Loire Métropole. Le projet est sur les rails et il faudra 10 ans presque jour pour jour pour qu’il produise ses premiers kilowatts. 
 
Après regroupement sous un même pavillon de la Sodemel et de la Sara, deux structures publiques d’aménagement, l’une intervenant sur le département de Maine-et-Loire et l’autre sur Angers et sa métropole, sous le label « Alter Anjou Loire Métropole », c’est la branche Alter Énergies qui reprend l’affaire. Cette structure publique financée par des capitaux publics et Privés (Banques, Chambre de Commerce, Syndicats locaux…), investit pour sa partie énergétique, dans les énergies renouvelables en exploitant des centrales photovoltaïques et en contribuant au développement de l’éolien sur le territoire du département de Maine-et-Loire.

D’autres projets sont en cours sur les toits des grands équipements sportifs angevins

La ferme solaire coté sud avec vue sur le lac du puit Napoléon (Trélazé) (photo drone A l'Ouest Images)
La ferme solaire coté sud avec vue sur le lac du puit Napoléon (Trélazé) (photo drone A l'Ouest Images)
Après remblaiement du site, et installation des panneaux photovoltaïques, le projet de la Petite Vicomté est d’autant plus intéressant qu’il s’annonce comme important. « A ce jour, il s’agit du plus grand parc solaire du département de Maine et Loire », explique Jean-François GRUAU d’Alter Energies, dans les colonnes du magazine « Vivre à Angers ». Cette ferme composée de 21 280 panneaux photovoltaïques, orientés plein sud, devrait être capable de produire, dans les conditions optimales d’ensoleillement, près de 11 000 mWh par an, soit l’équivalent des besoins électriques d’une ville de 8 000 habitants (hors chauffage électrique). 

Mais l’ensemble des 12 708 habitants (2016) ne pourra pas bénéficier directement de cette ressource, laquelle est distribuée par Enercoop, une structure qui rachète l’énergie solaire, dont celle de la Petite Vicomté, mais aussi éolienne, afin de proposer à ses souscripteurs une électricité 100% verte. Ou presque, si l’on inclut l’impact carbone et le recyclage des matériaux nécessaires aux installations de ce type.

Les personnes intéressées doivent donc s’abonner à cette structure pour utiliser l’énergie fournie par le soleil. Les citoyens peuvent également contribuer par leur investissement financier à l’installation d’autres fermes solaires grâce au mouvement « Énergie Partagée  » et profiter de l’énergie produite par le partage d’installation. Énergie Partagée est un mouvement regroupant des citoyens, des associations et des institutions pour développer les installations de production d'énergie renouvelable en France
 
D’autres projet, qui font appel à l’investissement citoyens, sont également en cours d’installation sur le territoire de la métropole angevine : il s’agit du toit d’Iceparc, la nouvelle patinoire d’Angers, et celui du complexe sportif Sport’Co, à Beaucouzé, une autre ville du territoire métropolitain, située au nord d’Angers. Chaque site permettra d’accueillir près de 800 panneaux chacun. De quoi augmenter sérieusement le parc de production du territoire angevin.  

A noter que le site de la Petite Vicomté devrait être entretenu par un troupeau de moutons, dans le cadre d'un projet d'écopaturage.  



Yannick SOURISSEAU
- Web journaliste et rédacteur en chef de Ville Intelligente Mag - Formateur journalisme en ligne... En savoir plus sur cet auteur


              

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