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MiniBigForest ou comment renaturer la ville et ses habitants


Rédigé par le Dimanche 3 Novembre 2019 à 10:19 | Lu 575 fois


Recréer des petites forêts, véritables ilots de fraicheur et de biodiversité, au cœur de villes, l’idée fait son chemin, notamment aux Pays-Bas. Des habitants de la région de Nantes (44) s’intéressent également au sujet et souhaitent le développer en France. Ils ont lancé l’association MinBigForest.


A l'Abbaye de Villeneuve (Nantes) les enfants s'investissent dans leur avenir en participant à la première micro forêt initiée par Jim et Stéphanie (Photo MiniBigForest)
A l'Abbaye de Villeneuve (Nantes) les enfants s'investissent dans leur avenir en participant à la première micro forêt initiée par Jim et Stéphanie (Photo MiniBigForest)
On ne le dira jamais assez, les arbres de nos villes, que ce soit dans les rues ou dans les jardins aménagés, ne sont pas de simples objets de décoration. Ils maintiennent la fraicheur en été et réduisent les agressions du froid en hiver. Agissant comme des climatiseurs réversibles naturels, ils absorbent le carbone que nos véhicules et industries, tout en favorisant la vie des insectes et des oiseaux. Les abattre pour construire d’immenses surfaces bétonnées ou bitumées est donc une hérésie qui ne va pas dans le sens de la transition écologique à laquelle les gestionnaires des métropoles urbaines disent pourtant adhérer. L’intelligence de la ville passe aussi par cette prise de conscience. 
 
Alors de là à recréer des forêts pour remplacer des parkings pour auto et ainsi favoriser la biodiversité, il n’y avait qu’un pas qu’a franchi un couple de Nantais, Jim et Stéphanie, et leur association MiniBigForest. En clair : petite forêt pour gros effets.   
 
L’idée de faire pousser des mini forêts en ville est née aux Sorinières, une des 24 communes de la métropole nantaise, à l’Abbaye de Villeneuve, plus exactement. Stéphanie est membre du mouvement des Colibris depuis une quinzaine d’année. « Exploratrice de sens, j’accumule depuis des années le savoir sur la nature et l’humain », explique-t-elle sur la page Helloasso ce l’association, créée pour collecter des fonds pour faire avancer le projet. Le site web de l'association est en cours de construction. « Je suis né avec deux chaussures dans les pieds et des yeux ouverts sur la nature », ajoute Jim, naturaliste autodidacte qui aime à se balader avec passion et gourmandise dans la nature préservée et sauvage. 
 
L’idée de créer des mini-forêts en zone urbaine lors est venue de la rencontre avec l’indien Shubhendhu Sharma, un ancien ingénieur de chez Toyota, reconvertit dans la reforestation active avec Afforestt, lors du festival « Aux Arbres » à Nantes. Tous les deux exprimaient l'idée d’œuvrer pour la planète afin de léguer celle-ci en bonne santé aux enfants, mais ne savaient pas vraiment comment s’y prendre. Cette rencontre fut donc décisive pour les deux nantais.
 
S’inspirant des méthodes Shubhendhu Sharma, lui-même inspiré de l’initiative du botaniste japonais Akira Miyawaki, considéré comme le père de la micro-forêt, les deux nantais se sont lancés dans l’aventure en créant Minibigforest, une association dont l'objectif est de réinvestir le bitume, le béton, les espaces abandonnés, avec des ilots sauvages, denses, libres et résilient, surtout plus performant, écologiquement parlant. « Il ne s’agit pas de faire de créer une forêt de production, mais de transmission : nous voulons léguer ces forêts aux générations futures », soutiennent Stéphanie et Jim, au magazine Mr Mondialisation
 
« Il fait dix degrés de moins dans les mini forêts que sous la chaussée »

 L’idée n’est pas nouvelle . Elle commence même à faire son chemin aux Pays-Bas, pays où les mini-forêts poussent comme des champignons, selon France Info. Dans ce pays du nord, convertit depuis longtemps à l’écologie, Daan Bleichrodt traque les anciens parkings et les terrains en jachère pour « reconnecter la ville à la nature » explique l’initiateur du projet néerlandais. Sur des petites surfaces de 200 m2, l’association reconstitue un écosystème complet faire de 35 variétés différentes. « On y a planté des chênes, des bouleaux… Chaque essence attire ses propres insectes. Plus tu plantes d'espèces, plus tu as d'animaux qui viennent dans la forêt », ajoute Daan Bleichrodt, avec un constat qui marque les esprits des élus locaux qui viennent désormais s’en inspirer :  « il fait dix degrés de moins dans les mini forêts que sous la chaussée ». En quatre ans, 35 mini-forêts ont été plantées aux Pays-Bas, chacune d'entre elles étant adoptée par une école voisine, les enfants plantant les arbres pour suivre ensuite leur croissance. 
 
A Nantes, Jim et Stéphanie sont enthousiastes. Ils ont pu collecter les fonds, 13 000 €, qui vont leur permettre de créer la première mini forêt de l’Ouest, au cœur de l’Abbaye de Villeneuve, un site classé, situé au sud de Nantes et bientôt bordé par une route à 4 voies. Si le premier palier a été atteint, l’objectif de l’association MiniBigForest qui commence à voir arriver des donateurs actifs et motivés par cette action salvatrice pour l’environnement urbain, c’est de financer la construction d’une mini forêt de 100 m2, soit 6 places de parking, à proximité d’une école primaire de Loire Atlantique. Le coût de ce projet auquel s’ajoute les moyens matériels, humain et de communication pour se faire connaitre, s’élève à 25 000 €.
 
« Nous avons besoin de votre soutien financier pour nous aider à faire grandir MiniBigForest, planter aujourd’hui et demain des forêts urbaines participatives et constituer une véritable communauté au service des arbres », motivent les deux initiateurs de ce projet, indispensable dans les villes « vivables » de demain.
 
« La forêt est la meilleure solution pour agir sur les deux principaux défis planétaires actuels le changement climatique et l’érosion de la biodiversité », poursuivent Jim et Stéphanie. « Notre mission est de re-naturer la Terre, et de re-naturer l'Homme, en concevant des forêts urbaines à haut potentiel de biodiversité, de captation carbone, et de lien social, que nous plantons avec des équipes bénévoles sur tous types de sites : friche, terrain vague, pelouse, parking, cours d’école, projets urbains… ».
 




Yannick SOURISSEAU
- Web journaliste et rédacteur en chef de Ville Intelligente Mag - Formateur journalisme en ligne... En savoir plus sur cet auteur


              

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