StopCovid : les élus locaux veulent de la clarification sur sa mise en oeuvre


Rédigé par le Lundi 18 Mai 2020 à 17:30 | Lu 1051 fois


Malgré les levées de bouclier d’une partie de la population, l’application StopCovid qui constitue l’un des maillons essentiels de la lutte contre le Covid-19 selon le Gouvernement sera lancée en juin prochain. Les élus locaux en contact direct avec la population dans la lutte contre l’épidémie, ont souhaité être associés aux réflexions sur l’ensemble des moyens et dispositifs dédiés, dont l’application de « contact tracing » StopCovid. Ils ont émis une note de préconisations.


L'application StopCovid demandera beaucoup de pédagogie et de clarification pour être adopté par la population française.
L'application StopCovid demandera beaucoup de pédagogie et de clarification pour être adopté par la population française.
Pour lutter contre la diffusion de l’épidémie de Covid-19, le Gouvernement a proposé de mettre en place l’application de «contact tracing » StopCovid. Depuis que ce dernier a émis l’idée de suivre avec un outil numérique les personnes infectées et celles avec lesquels elles ont été en contact, bon nombre de voix se sont élevées, d’aucuns jugeant cet outil trop intrusif et contraire aux textes concernant la protection individuelle des individus et la liberté de circuler, applicables sur le territoire Français. 
 
Mais nos hommes politiques, encouragés par la mise en application d’applications similaires dans d’autres pays et notamment en Asie, convaincu que le tracking des citoyens est l'une des armes pour lutter contre la propagation du virus, persistent et signent : l’application StopCovid est en cours de développement et devrait être mise en application courant juin.
 
Pour mémoire cette application qui sera intégrée à l’éventail des moyens mis en œuvre pour endiguer la crise sanitaire, permet de prévenir ceux qui l’installeront sur leur mobile qu’ils ont été potentiellement en contact avec un individu porteur du Covid-19, sans connaitre pour autant l’identité de la personne ni les lieux de contamination.
 
Cette application qui nécessite que les porteurs soient identifiés et donc localisés, même de manière anonyme et sans utilisation des données de traçage, autre que l’application, pose légitimement question dans un pays où le respect du droit privé est l’un des éléments fondateurs. Pour les élus locaux réunis au sein de France Urbaine, les Interconnectés et l’Assemblée des Communautés de France, l’idée d’imposer cette application au motif qu’elle permettrait de mieux suivre la pandémie et ses éventuels foyers de dissémination, « doit nécessairement être précédé et accompagné d’un travail de clarification de la population », le tout dans un cadre strict tel que prévu à l’issue du débat parlementaire portants sur le sujet. 
 
Comme le rappelle les élus des différentes structures cités ci-avant, de nombreuses instances et comité en charge de l’éthique, de la transparence et de la démocratie dans le domaine du numérique, se sont exprimés sur le sujet. Des préconisations ont été émises afin de mettre en lumière les limites de cette application, à laquelle, il faut le rappeler, la population française n’est pas habituée, contrairement aux populations asiatiques.
 
La mise en route de cette application de contact tracing, particulièrement sensible, a mobilisé la commission numérique commune aux trois structures (France Urbaine, AdCF et Interconnectés. Cette commission a reçu et auditionné, le 24 avril dernier, le secrétaire d’Etat au numérique, Cédric O, afin qu’il puisse apporter un éclairage sur le sujet. 
 
« Renforcer la logique de transparence qui doit nécessairement prévaloir »

 Suite à cette rencontre, la commission a remis au secrétaire d’État le 15 mai dernier, une feuille de route précisant les conditions de déploiement de l’application sur le terrain a été proposée.
 
Cette contribution précise que des clarifications devront être apportées sur le périmètre d’action de l’application portant notamment « sur la réversibilité des données, le recueil d’un consentement éclairé le plus large possible, l’installation facultative, des information claires et accessibles ». 
 
Si les élus locaux des trois entités saluent les engagements de l’État sur les points de préservation stricte de la vie privée, ce qui est un prérequis minimum, ils rappellent certains grands principes tels que l’identification d’un tiers de confiance concernant la gestion des données, même si elles sont anonymisées et surtout « la mise en place d’un comité de suivi afin de renforcer la logique de transparence qui doit nécessairement prévaloir ».
 
Très attachée à « l’illectronisme », la commission numérique des trois entités formule des recommandations pour l’optimisation des usages sur le terrain et l’équité d’accès par le plus grand nombre avec une attention particulière pour les personnes éloignées du numérique. Cette recommandation concerne notamment les personnes les plus âgés, le plus souvent, personnes à risque et qui ne sont pas toujours équipées d’un mobile permettant de recevoir des notes d’information. Elle préconise que ces personnes soient équipées d’un badge connecté leur permettant de les informer quand elles sont à proximité d’une personne potentiellement contaminée.
 
Les élus locaux qui se retrouveront une fois de plus en première ligne savent qu’il faudra beaucoup de pédagogie pour faire accepter cette application, laquelle devra rester basée sur le volontariat de chacun, celle-ci ne devant laisser aucune trace en cas d’arrêt d’utilisation. 



Yannick SOURISSEAU
- Web journaliste et rédacteur en chef de Ville Intelligente Mag - Formateur journalisme en ligne... En savoir plus sur cet auteur


              


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