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Vélos, trottinettes, … ça roule pour Pony Bike


Rédigé par le Mercredi 16 Janvier 2019 à 09:58 | Lu 3184 fois


Alors que l’armada chinoise arrivée en France l’an dernier, est repartie sans avoir réussi à s’imposer sur le marché hexagonal du vélo en libre-service (free floating), une petite entreprise française, Pony Bike, réussit à tirer son épingle du jeu. Installée sur deux villes, Oxford et Angers, le petit poucet de la location de vélos et vélo partage, s’apprête même à lancer, selon le même schéma, des trottinettes électriques.


Le vélo en location ou en partage Pony Bike, un concept urbain, jeune et dynamique, qui trace sa route avec prudence et pragmatisme (Photo Pony Bike)
Le vélo en location ou en partage Pony Bike, un concept urbain, jeune et dynamique, qui trace sa route avec prudence et pragmatisme (Photo Pony Bike)
Dans la communauté Pony comme la nomme les fans de la marque, on les appelle les « Pony Angels ». Ils sont propriétaires d’un vélo en libre-service et peuvent selon leur choix, le mettre en location et récupérer une partie de la recette. C’est d’ailleurs ce que fait une large majorité des 250 propriétaires, dont 180 en France, qui a décidé d’acquérir un vélo aux couleurs acidulées de l’opérateur Pony Bike
 
« Permettre à des utilisateurs d’acquérir un vélo mis ensuite en location, c’est unique au monde. Mais aujourd’hui nous sommes entrés dans l’ère de l’éco-partage. Le concept plait », commente Yan Garnier, le manager régional de l’expansion de la marque Pony Bike dans le Grand Ouest, dont Angers. « Nous avons lancé « Adopte un Pony », en septembre dernier avec 20 vélos car nous ne savions pas si ça allait fonctionner. Plus de 700 personnes ont manifesté leur intérêt pour l’idée et les premiers vélos ont été adoptés en quelques minutes ». Ce concept novateur va même traverser l’Atlantique, puisqu’il sera présenté fin janvier lors du « Micromobility summit » de San Francisco. La consécration pour l’opérateur. 
 
Si le modèle économique fonctionne, - la R&D et les investissements n’étant pas encore amortis -, la jeune entreprise préfère avancer doucement mais surement, cherchant d’abord à fiabiliser son concept sur deux villes de taille moyenne, Oxford en Grande Bretagne, où elle est née, et Angers en France, avant d’envisager un déploiement sur des villes plus importantes. « Le déplacement en vélo dans les cœurs de ville est dans l’air du temps, les urbains en prennent conscience car c’est plus écologique et plus économique. mais les opérateurs chinois, venus en nombre et avec de gros moyens, à Paris et dans plusieurs grandes villes, ont été contraints de quitter le marché n’ayant pas réussi à rentabiliser leur opération », souligne Yan Garnier qui a choisi une vue aérienne des millions de vélos chinois mis à la ferraille, comme fond d’écran de son ordinateur. Histoire de se rappeler que rien ne sert de courir, il faut partir à point. « Il faut laisser aux gens le temps de s’adapter au concept et avancer avec prudence. On pourrait se lancer sur 100 villes, mais on préfère travailler en bonne intelligence avec les collectivités et susciter une adhésion forte des utilisateurs », poursuit le manager. Un pragmatisme plutôt rassurant pour les investisseurs et qui fonctionne bien dans les deux villes. 
 
La jeune entreprise qui ne se considère plus comme une startup, a pourtant failli trébucher l’an dernier quand elle a vu arriver un concurrent de poids sur Angers, déjà bien implanté sur le marché de la mobilité. D’aucuns voyait déjà Pony Bike se faire dévorer. C’était sans compter sur la créativité de l’entreprise et les Angevins qui ont pris fait et cause pour les Pony. « C’est d’ailleurs ce qui a dopé l’acquisition des vélos », reconnait Yan Garnier.
 
Mais l’affaire est remontée jusque sur le bureau du maire, Christophe Béchu. Ce dernier qui avait aidé la jeune entreprise à s’installer et qui n’avait pas d’arguments légaux pour interdire la venue d’un concurrent, est intervenu pour que chaque opérateur limite son nombre de vélo à 500 soit 1000 vélos sur le centre-ville et dans les lieux d’activités comme les zones de loisir et les universités. « C’était une sage décision », rassure Yan Garnier. « Plus il y a de vélos plus on est content, mais il fallait limiter le nombre pour éviter la surenchère, ce qui aurait été préjudiciable aux utilisateurs ».
 

Chasser les voitures des centres-villes

Aidée par les retours des utilisateurs, la marque a fait évoluer son vélo, dont la sixième génération devrait sortir prochainement. Désormais les vélos sont plus solides et les roues à rayons, fragiles, ont été remplacées par des roues à bâtons. Le cadre est en aluminium et donc moins vulnérable aux assauts de la météo. La zone de stationnement libre est restreinte au centre-ville et des hubs virtuels sont créés en fonction des usages dans les autres quartiers de la ville. De même des zones d’exclusion, notamment sur les bords de Maine ou sur les ponts, ont été instaurées en lien avec la Ville, pour réduire les incivilités et le jet de vélos dans la rivière. Des amendes dissuasives (30 €) sont même prélevés sur le compte de l’utilisateur qui ne respecte pas ces zones. Ce dernier étant averti par l’application mobile qui permet de louer les vélos.
 
Seul regret pour l’opérateur : la fabrication de ses vélos en Asie. « Nous n’avons pas vraiment le choix, car nous ne trouvons pas d’industriel susceptible de fabriquer des vélos de ce type, en Europe et encore moins en France », explique Yan Garnier. « Ça nous coute plus cher car nous sommes obligés d’aller sur place pour surveiller la fabrication, on paye des taxes pour les rapatrier et certains sont abimés dans les containers ».
 
L’opérateur qui s’est fixé pour objectif de « chasser les voitures des centres-villes », en proposant des moyens de déplacement plus adaptés et surtout plus écologiques, poursuit son expansion avec la mise sur le marché, dans les jours prochains, de trottinettes électriques. Pour cela il a choisi des modèles haut de gamme, des Ninebot ES4, non pliable, pour leur fiabilité, leur solidité et leur grande autonomie. « La trottinette est de plus en plus prisée par les urbains. Elle et plus rassurante pour ceux qui ne sont pas à l’aise sur un vélo, ou ne savent pas en faire. Elle permet d’allonger les distances (45 km d’autonomie - NDLR) et surtout de ne pas transpirer comme sur un vélo », confirme Yan Garnier. 
 
25 trottinettes seront proposées à la location dans un premier temps avec une tarification différente des vélos : 1 € la prise en charge, puis 15 centimes du kilomètre. « Pour amortir les frais de déplacement, car il faudra récupérer les trottinettes chaque jour pour les mettre en charge », appuie le manager, convaincu que ce nouveau moyen de déplacement urbain, qui va s’ajouter au vélo, devrait aussi séduire les utilisateurs. Comme le vélo, une partie du parc est d’ores et déjà proposé à l’acquisition pour 735 €. Les propriétaires auront le choix de garder l’engin pour eux, le mettre en location totale ou sur des durées limitées, par exemple lors d’événements. Un principe qui est étendu au vélo, la marque louant une partie de son parc à des congressistes ou des festivaliers. C’est notamment le cas lors du Festival Premiers Plans qui se tient à Angers en janvier. 
 
Mais la marque qui veut s’imposer sur le marché de vélo partagé et la location en accès libre, réfléchi déjà à une évolution de la flotte avec des vélos électriques et des vélos cargo. Ça roule donc bien pour Pony Bike. 



Yannick SOURISSEAU
- Web journaliste et rédacteur en chef de Ville Intelligente Mag - Formateur journalisme en ligne... En savoir plus sur cet auteur


              


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