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myLabel, l’application qui redonne le pouvoir au consommateur


Rédigé par le Mercredi 13 Mars 2019 à 12:53 | Lu 1372 fois


Dans la jungle des produits de grande consommation pas facile de s’y retrouver. Surtout lorsqu’en même temps on veut faire un geste pour la planète, préserver sa santé et agir pour la société tout en préservant son pouvoir d’achat. Nouveau venu dans les applications d’accompagnement du consommateur « myLabel » veut informer, éduquer, sans pour autant culpabiliser.


Une application simple qui permet de choisir un produit en fonction de ses attentes en matière de santé, environnementales, sociétales
Une application simple qui permet de choisir un produit en fonction de ses attentes en matière de santé, environnementales, sociétales
Attiré par des offres toutes plus alléchantes les unes que les autres, le consommateur qui fait ses courses auprès des grandes enseignes a peu à peu perdu le pouvoir de choisir ce qui est bon pour lui et la société. Les structures de marketing dont le travail consiste à cerner les désirs des consommateurs pour permettre aux industriels de proposer l’offre qui leur profite financièrement, finissent par orienter les choix du client final, même si ces derniers ne sont pas forcément les meilleurs en matière de santé, d’éthique ou de protection de la planète.
 
Redonner le pouvoir de choisir aux consommateurs, c’est ce qui a guidé Christophe Hurbin, ex manager pendant 20 ans dans l’industrie paramédicale et fondateur de « myLabel  », une entreprise de l’économie sociale et solidaire. « Les français veulent mieux consommer mais se méfient de l’offre des distributeurs et des marques ». Une affirmation qui s’appuie sur un sondage Eurobarometer de 2017 selon lequel 80% des consommateurs recherchent des produits plus sains et plus respectueux de l’environnement, c’est-à-dire qui respecte la biodiversité et le bien-être animal. 73% d’entre eux n’ont plus confiance dans les entreprises, les accusant de manque de transparence et de manque d’engagement et d’éthique. Enfin 50% n’arrivent pas à identifier les produits durables, l’information ne semblant pas claire, quand elle n’est pas carrément trompeuse. 
 
« Les grandes entreprises s’investissent dans le développement durable et il n’est pas toujours visible. L’important c’est que le durable apparaisse comme positif pour le consommateur », explique Christophe Hurbin. « Personnellement je voulais m’engager dans un travail qui aurait du sens ». C’est ce qui l’a conduit à créer son entreprise pour aider les citoyens à mieux consommer et aux marques et distributeurs de mieux comprendre les attentes de leurs clients. 
 
« Il y a d’abord un vrai travail sur l’information à faire », poursuit Christophe Hurbin. « Le consommateur veut acheter les produits qui correspondent à ses valeurs. Pour cela il a besoin de transparence et de conseils. Mais il n’est pas réaliste de le culpabiliser. Pour de multiples raisons tout le monde ne peut pas acheter les meilleurs produits ».
 
« Nous nous inscrivons dans un véritable cercle vertueux qui doit permettre aux industriels d’améliorer leurs produits » 

 Pour cela, Christophe Hurbin et les trois autres personnes qui composent l’équipe de myLabel, ont choisi une approche pragmatique, facilement accessible, en ne désignant pas le fautif, mais en apportant des solutions en fonction de critères choisis par le consommateur. « On ne dit pas par exemple que le chocolat est mauvais, mais nous proposons des produits alternatifs. Nous misons sur l’éducation ».
 
Au final, il s’agit pour la petite entreprise de transformer l’offre produit et les comportements, en redonnant le pouvoir aux consommateurs. Dans un premier lieu il s’agit d’engager ces derniers notamment sur le plan de la santé, de l’environnement et du volet social, en lien avec des associations, des ONG et labels qui évaluent les produits, les ingrédients, les marques et des bases de données collaboratives (Open Food Facts ) et les fiches produits des industriels, pour les mise à jour.  
 
L'interface de myLabel qui fonctionne sur ordinateur et mobiles, est assez ergonomique pour le consommateur. Ce dernier va définir les critères qu’il souhaite vouloir appliquer, choisis dans une liste proposée par l’application :  préservation de la planète (biodiversité, bilan carbone, déchets, pollution …), santé (additifs, OGM, allergènes, pesticides, perturbateurs endocriniens…), société (populations, conditions de travail, éthique, inégalités, travail des enfants, juste rémunération …). IL suffira de scanner un produit et de voir si celui-ci correspond aux critères préalablement définis. Un tableau de bord en continu permet de dresser visuellement le bilan de sa consommation et vérifier dans quelles mesures celle-ci correspond aux valeurs fixées au préalable. 
 
Et forcément certains produits n’apparaissent plus. « Il ne faut pas être trop restrictif », conseille Christophe Hurbin. « Il faut alors réduire les critères, mais notre force c’est aussi de proposer des produits alternatifs qui correspondent mieux aux valeurs du consommateur ». 
 
Tous ces critères sont pris en charge par un algorithme développé par l’entreprise, lequel permet de collecter des données qui seront utiles aux industriels. Elles leurs permettront de fabriquer des produits qui correspondent alors aux vraies attentes de consommateurs. C'est le voeu pieu du concepteur. « Nous nous inscrivons dans un véritable cercle vertueux qui doit permettre aux industriels d’améliorer leurs produits ».  Le modèle économique de l’entreprise est construit autour de ce retour d’informations et des statistiques de consommation, nécessaires aux industriels et producteurs. 
 
Les critères « myLabel » pourront être apposés en face des produits sur les sites web des distributeurs, pour ceux qui commandent en ligne (drive). Ces labels émanant de tiers de confiance pour les consommateurs, compléteront l'abonnement proposé par myLabel aux entreprises. Ces dernières pourront ainsi justifier de la qualité des leurs produits. « Avec ces labels qui correspondent aux critères définis dans l’application, les consommateurs n’auront plus besoin de scanner les produits », ajoute Christophe Hurbin, convaincu qu’à terme son application sera le « complice digital pour une consommation saine et responsable », dans un esprit responsable et citoyen. 

Pour en savoir plus et télécharger l'application (Android et iOS)
 



Yannick SOURISSEAU
- Web journaliste et rédacteur en chef de Ville Intelligente Mag - Formateur journalisme en ligne... En savoir plus sur cet auteur


              

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