Digital : les femmes ont aussi leur place !


Rédigé par le Dimanche 8 Mars 2020 à 11:56 | Lu 1196 fois


Si la fête des femmes doit avoir lieu toute l’année, le 8 mars est la journée anniversaire des luttes menées par les femmes pour obtenir les mêmes droits que les hommes. Plusieurs structures saisissent ce moment médiatique pour tenter de casser les stéréotypes et rappeler qu'aujourd'hui tous les secteurs économiques sont accessibles aux femmes. C’est notamment le cas du numérique qui peine toujours à recruter des femmes.


Seulement 33% des femmes travaillent dans le numérique (photo Adobe Stock)
Seulement 33% des femmes travaillent dans le numérique (photo Adobe Stock)
On ne le dira jamais assez, le 8 mars ce n’est pas la fête des femmes, un temps fort commercial qui permet, une fois par an, d’honorer conjointes, compagnes et amies, et de ne pas s'en soucier le reste de l’année. Pire, de ne pas faire en sorte qu’elles puissent trouver leur place dans certains milieux professionnels. C'est la journée anniversaire des luttes menées par les femmes pour obtenir les mêmes droits que les hommes. 
 
Notre société a évolué et montre tous les jours que les femmes ont toute leur place dans le monde du travail, au même titre que les hommes, voire plus. Leur habilité, leur sens des responsabilités, leur capacité à travailler en mode multitâches, et bien d’autres qualités démontrent qu’elles sont aussi à l’aise pour conduire un bus en centre-ville que de diriger un chantier de construction, voire derrière un écran pour développer une application informatique. Elles ne sont pas plus fragiles, contrairement à ce qu'affirment certains, toujours ancrés sur leurs positions ancestrales. Mais les stéréotypes ont la vie dure.
 
La difficulté réside dans le fait que dès leur plus jeune âge, les petites filles apprennent encore à s’occuper des enfants, à faire le ménage et la cuisine, bref, à vivre comme au siècle dernier quand seul l’homme subvenait aux besoins de la famille, la femme restant au foyer ou effectuant des tâches subalternes. Il y a donc encore beaucoup de travail pour gommer ces idées reçues et faire en sorte qu'il n'y ait plus de différenciation appuyée, notamment au niveau des jeux et jouets, entre les filles et les garçons lors de leur apprentissage de la vie. 
 
Le digital, peut-être encore trop nouveau, fait partie de ces secteurs d’activité aussi facilement accessibles aux hommes qu’aux femmes. Et pourtant plus de 65% des postes sont pourvus pas des hommes. « Et la place des femmes dans tout ça », questionne Victor Gaeremynck Président de Myfuture, une entreprise sociale dont l’objectif est de favoriser l’égalité des chances face à la formation et l’emploi par la création d’outils numériques.
 
« Avec seulement 33% de femmes dans le numérique, cette sous-représentation a un impact, d’une part, sur l’efficacité des organisations dans lesquelles les équipes techniques sont souvent exclusivement masculines, et d’autre part, sur la façon dont sont conçus un certain nombre d’objets, services, applications ayant pourtant une vocation grand public, voire s’adressant uniquement à des femmes », poursuit Victor Gaeremynck
 
« Combattre les stéréotypes de genre, c’est donné l’opportunité aux nouvelles générations de faire un choix d’orientation sans se soucier des clichés véhiculés » 

 Saisissant l’opportunité de cette journée militante, Myfuture s’est associé à la Fondation Femmes@Numérique, une structure qui s’est fixée pour objectif d’encourager la place des femmes dans le secteur du numérique et Moidans10ans, une association d’aide à l’orientation scolaire et professionnelle qui cherche à favoriser l’égalité des chances face à la formation et à l’emploi.
 
En œuvrant de concert, ces trois structures souhaitent tout mettre en œuvre pour obtenir plus de mixité dans le numérique en faisant la promotion des métiers du digital, de la tech et de l'IT auprès des jeunes femmes. 
 
 « Pour cela, nous avons pour ambition de proposer, d'ici fin 2020, 2000 offres de stages, de 1 à 5 jours, dans le secteur du numérique à destination de collégiennes, lycéennes et étudiantes », soutient Victor Gaeremynck. « L'objectif de ces immersions est de montrer aux jeunes filles le champ des possibles dans le secteur numérique, susciter des vocations et dévoiler leur potentiel professionnel ».
 
Pour ces trois structures à caractère sociale, le déficit en matière de travailleuses dans le numérique s’explique par un manque d’information dès l’orientation scolaire et professionnelle des jeunes générations.Mais aussi par un manque d’éducation familiale, les parents préférant parfois orienter leur progéniture en fonction de leurs propres connaissances en la matière. 
 
« Les compétences dites « féminines » ou « masculines » renvoient à des croyances socialement et culturellement construites sur la base de stéréotypes qui attribuent certains savoirs, savoir-faire et savoir-être aux femmes et d’autres aux hommes », rappelle Emmanuelle Larroque, déléguée générale et fondatrice de Social Builder, une structure qui œuvre pour la réussite professionnelle des femmes dans le numérique
 
« Combattre les stéréotypes de genre, c’est donné l’opportunité aux nouvelles générations de faire un choix d’orientation sans se soucier des clichés véhiculés », poursuivent les initiateurs de ce projet.
 
Pour favoriser cette insertion et encourager la féminisation du secteur du digital, MyFuture a lancé, avec ses partenaires et soutiens, une plateforme destinée aux jeunes de 14 à 24 ans, intitulée : stagedecouverte.fr. Diffusée auprès de 800 collèges français, cette plateforme propose déjà plus de 7000 offres de stage dans divers secteurs et 10% dans le secteur du digital. Mais ses concepteurs souhaitent faire évoluer l’offre afin de donner plus de visibilité sur les métiers du numérique à destination des jeunes filles et proposer encore plus de stages aux jeunes filles. « Rencontrer un.e professionnel.le sur son lieu de travail est la meilleure façon de découvrir un métier, de se projeter et d’approfondir un projet professionnel » ajoute Victor Gaeremynck. Le lien est établi avec les professionnels via une adresse qui leur est réservée : professionnels.stagedecouverte.fr
 
Résolument engagé pour la parité dans les métiers de la Tech, Myfuture souhaite aider les femmes à prendre toute leur place sur le marché du numérique et à mieux s’imposer dans la société en général.
 



Yannick SOURISSEAU
- Web journaliste et rédacteur en chef de Ville Intelligente Mag - Formateur journalisme en ligne... En savoir plus sur cet auteur


              

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