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En montagne, la Poste va livrer certains colis par drone


Rédigé par le Mardi 19 Novembre 2019 à 23:26 | Lu 895 fois


La Poste a dernièrement reçu l’autorisation de la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) pour exploiter une ligne de livraison de colis par la voie des airs, à l’aide de drones, en montagne. La Poste n’est pas la première entreprise à tester ce service. DPD, l’une des ses filiales, passe déjà par les airs pour livrer ses colis, dans l’arrière-pays varois, très escarpé.


Une filiale de la Poste, DPD France utilise déjà cette technologie pour livrer certains paquets (Photo DPD)
Une filiale de la Poste, DPD France utilise déjà cette technologie pour livrer certains paquets (Photo DPD)
Pas toujours facile de livrer des colis dans les zones montagneuses. Les distances sont courtes mais le temps de trajet, compte tenu du profil du terrain et des nombreux lacets sont souvent très longs. C’est le cas, entre Fontanil-Cornillon et Mont-Saint-Martin, deux villages d’Isère, non loin de Grenoble, distants de 20 km par la route et 3 km à vol d’oiseau. Le premier se situe dans la vallée et le second en altitude. Le postier met environ 30 minutes aller / retour pour effectuer sa livraison. D’où l’idée d’utiliser un aéronef télépiloté, autrement dit un drone, lequel met seulement 8 minutes pour effectuer la rotation. Un gain de temps et une sécurité, surtout en période hivernale.
 
« La livraison par drone en montagne offre de nombreux intérêts par rapport au camion », détaille un représentant de la Poste à l’AFP. « Pour le livreur, en plus du gain de temps généré, c'est une réduction du risque routier sur des routes dangereuses et parfois peu praticables en montagne, en particulier l'hiver ». Autre avantage et non des moindre, en zone naturelle, le drone n'émet pas de CO2.
 
Ce n’est pas la première fois que le groupe La Poste, livre des colis avec un aéronef télépiloté. DPD France, une de ses filiales, a obtenu l’autorisation de la Direction Générale de l’Aviation Civile pour opérer une ligne de livraison entre Saint-Maximin-La-Sainte-Baume et Pourrières (Var), depuis décembre 2016. Après plusieurs mois de tests près de 190 vols ont été réalisés, avec un taux de réussite de 95%, les mauvaises conditions météo ayant contraint à annuler les 5% des vols restants.
 
Techniquement, l’engin qui est équipé d'un parachute de secours, est lancé depuis un camion spécialement aménagé qui se positionne dans la vallée, au pied du village. Le drone qui embarque le paquet le dépose dans un terminal de réception sécurisé, puis revient à son point de départ, les drones étant calés sur un positionnement GPS, peuvent effectuer un retour sans difficulté. Sur place c’est un agent municipal qui se charge d’apporter le paquet à son destinataire. 
 
« Nous n'avons pas vocation à distribuer de colis par drone en zones urbaines » 

 Selon La Poste, l’aéronef utilisé est capable d’embarquer un paquet de 2 kg et peut parcourir une distance de 15 km maximum. Celui utilisé dans le Var peut embarquer 3 kg sur une distance de 20 km. 
 
Toutefois la livraison par les airs ne sera pas étendue à tout le territoire. « Nous n'avons pas vocation à distribuer de colis par drone en zones urbaines », a indiqué la porte-parole de La Poste. « Nous considérons que le drone est utile pour livrer des zones difficiles d'accès, en montagne ou en zones rurales où le trajet en voiture est long ». D'autant plus rassurant que la Poste Suisse qui avait fait équipé des drones spécifiques pour livrer des paquets en zone urbaine et notamment dans les hôpitaux, a fait  l'objet de quelques déconvenues, l'un de ses aéronefs conçus avec la startup américaine Matternet, s'est écrasé à proximité d'une école, au printemps dernier.  
 
Les drones sont de plus en plus utilisés pour effectuer des livraisons dans des zones difficiles d’accès, initialement ravitaillées par hélicoptère ou avion, plus couteux. C’est le cas aux USA où le leader des services de messagerie, UPS, a récemment reçu l’autorisation de l’Agence Fédérale de l’Aviation (FAA), l’équivalent de la DGAC, pour opérer un réseau de drones commerciaux sur le territoire américain. Amazon qui avait également testé cette solution en zone urbaine, a préféré Scout, un robot capable de déambuler dans les zones à forte densité pour livrer les paquets.  
 
Mais nul doute que les expérimentations vont croitre, le drone économiquement plus intéressant qu’un véhicule terrestre ou un hélicoptère, permet d’accéder dans les espaces les plus difficiles. Son seul point faible, le poids des colis qu’ils peut embarquer dans ses tailles standards. Mais des drones de plus grandes tailles pourraient embarquer des colis plus lourds. D’autant que le risque n’est pas très élevé, puisqu’en montagne ces engins survolent en principe, des vastes espaces inhabités, sauf par les marmottes et autre chamois. 



Yannick SOURISSEAU
- Web journaliste et rédacteur en chef de Ville Intelligente Mag - Formateur journalisme en ligne... En savoir plus sur cet auteur


              

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