Fitness vert : faites du sport en produisant de l’électricité


Rédigé par le Lundi 2 Mars 2020 à 15:50 | Lu 1781 fois


Fournir l’électricité d’un bâtiment en pédalant ou en courant sur un tapis, l’idée peut faire sourire. Pas tant que ça. Des salles de fitness produisent déjà leur propre électricité, voire au-delà, grâce aux forçats du sport, toujours plus nombreux qui les fréquentent. De là à transformer ces salles en véritables centrales électriques, ce n’est pas encore pour demain. Mais faire du sport utile pour la planète, c’est possible.


faire du sport tout en produisant de l'électricité, l'idée n'est pas aussi saugrenue qu'il n'y parait (photo Adobe Stock)
faire du sport tout en produisant de l'électricité, l'idée n'est pas aussi saugrenue qu'il n'y parait (photo Adobe Stock)
Le nombre de salles de fitness lourdement équipées qui voient le jour dans les villes, est en constante augmentation. Les urbains sont de plus en plus nombreux à les fréquenter grâce à des tarifs particulièrement attractifs et une amplitude d’ouverture assez large. Quelques heures de libre, le matin, le soir ou au moment du déjeuner et vite un tour sur un vélo, un tapis de course, un stepper, un rameur ou un elliptique pour bruler les calories accumulées au cours de la journée. Et si ces appareils ne servaient pas seulement à bruler les calories de ceux qui les utilisent mais aussi à produire de l’électricité ? 
 
Le principe est simple, c’est celui d’une dynamo qui alimentait, au siècle dernier l’éclairage des vélos qui circulaient sur la route, la nuit tombée. Seule ombre au tableau c’est que cette dynamo produisait de l’électricité en temps réel, la production s’arrêtant quand le cycliste cessait de pédaler. Mais aujourd’hui, des batteries de stockage, de plus en plus performantes, ont vu le jour et plus qu’alimenter le tableau de progression de l'engin, l’énergie produite pourrait être accumulée pour fournir l’électricité nécessaire à la salle de sport, voire au bâtiment qui l’héberge. 
 
« Techniquement, un humain est en mesure de produire quotidiennement autant d’énergie qu’un panneau solaire d’un mètre carré et cinq minutes de sport sont équivalentes à 3 heures de lumière », avaient évoqué en 2018, l’université d’Utrecht, aux Pays-Bas, laquelle ambitionne d’atteindre un niveau d’émission carbone zéro d’ici à 2030. Pour cela elle avait missionné une douzaine d’artistes pour plancher sur le sujet. De cette initiative est né le projet de centrale électrique humaine (« Human Power Plant  »), imaginé par l’artiste Melle Smets et Kris de Decker, fondateur du magazine pro-décroissance « Low-Teck Magazine  »
 
Le défi du duo était de prouver qu’il est possible de faire fonctionner un immeuble de 22 étages accueillant 750 étudiants, en s’en remettant uniquement à l’énergie cinétique, c’est-à-dire : l’activité humaine.
 
La salle de sport qui a ouvert la voie, est le « California Fitness Club » de Hong-Kong qui, dès 2007, utilisait ses vélos d’entrainement et tapis de course pour éclairer sa salle, partant du principe qu’un sportif qui s’entraine sur les différents appareils dont la salle est équipée, développe une puissance qui peut varier de 50 à 200 watts. La conversion en électricité de l’énergie musculaire dépensée simultanément sur les différents engins d’un centre permet donc d’alimenter tout au long de la journée quelques dizaines de lampes LED ainsi que d’autres appareils électriques.
 
« Le secteur du fitness du monde entier pourrait fournir quelque 200.000 ménages en électricité, ou l’équivalent de la consommation d’une ville comme Francfort »

 Dans les mêmes temps des fabricants de matériel ont commercialisé des vélos, tapis de course et « steppers » capables de générer du courant. C’est le cas de la société italienne Technogym. L’hôtel Crowne Plaza de Copenhague qui dispose d’une salle de fitness pour sa clientèle a installé ces engins, lesquels fournissent une partie de l’électricité consommée par le bâtiment. 
 
 Green Microgym,  un fabricant de matériel et d’équipement de salles de finess, installé à Portland (USA) a même fait de la production d’électricité un de ses objectifs, en plus de la remise en forme.  « Le 1er janvier 2020, Adam » (fondateur de The Green Microgym NDLR ) « a décidé qu'il était temps de se remettre en forme et de produire 10 000 wattheures d'électricité cette année », peut-on lire sur le site web de l’enseigne. Selon ses calculs, un club disposant d’une trentaine d’appareils équipés de la sorte pourrait produire environ 25% de ses besoins en énergie pour ses vestiaires, sa réception et son espace de musculation.
 
Technogym, va même plus loin, en affirmant que « si toutes les machines de musculation équipant l’ensemble des centres sportifs de la planète étaient remplacées par des appareils générateurs d’énergie, le secteur du fitness pourrait fournir quelque 200.000 ménages en électricité, ou l’équivalent de la consommation d’une ville comme Francfort, soit 700 000 habitants par exemple ».

Certes, au regard des besoins en électricité de nos villes, il s’agit d’une goutte d’eau dans l’océan de la consommation énergétique, d’autant que ces machines sont plus chères que les autres et il faut tout de même les amortir. Mais certaines salles en ont déjà fait un argument marketing, notamment aux USA. Le développement du « fitness vert », faisant aussi prendre conscience que la transition écologique passera inévitablement pas la complémentarité de diverses techniques capables de rendre chaque bâtiment autonome en énergie. 



Yannick SOURISSEAU
- Web journaliste et rédacteur en chef de Ville Intelligente Mag - Formateur journalisme en ligne... En savoir plus sur cet auteur


              

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