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La transition numérique peut-elle se faire sans les femmes ?


Rédigé par le Vendredi 18 Janvier 2019 à 16:42 | Lu 1742 fois


La quasi-totalité des startups qui se créent en France, sont dirigées par des hommes et les filières du numérique peinent à recruter des femmes. N’y aurait-il pas de places pour elles ? En la matière les idées reçues ont la peau dure, au point que les jeunes filles boudent la filière digitale, pourtant porteuse d’emploi. C’est pour lutter contre les préjugés et encourager les jeunes filles à s’intéresser au monde digital la fondation des clubs d'entreprises FACE a lancé le programme WiFilles.


En 2016 seulement 7 % des start-ups françaises étaient créées ou dirigées par des femmes selon le baromètre 2017  réalisé par l’association StartHer avec KPMG. « Dans un milieu où le goût du risque et le travail acharné construisent une véritable mythologie, les success stories d’hommes entrepreneurs éclipsent parfois l’entrepreneuriat féminin », note le magazine les Inrocks qui s’est intéressé au sujet. Et à ce jour seulement 20% des filles candidatent dans les filières initiales aux métiers du numérique.
 
« Dans un secteur aussi innovant, en croissance, où les salaires sont élevés, les propositions d’embauche très nombreuses… plus de la moitié de l’humanité manquerait à l’appel ? On ne peut plus l’accepter » déclarait l’an dernier le Secrétaire d’Etat, chargé du numérique, Mounir Mahjoubi. Pour ce dernier, il est urgent d’agir et de redonner aux femmes la place qui est la leur dans le numérique
 
Pour les acteurs de l’innovation numérique, des entreprises d’envergure nationales et internationales, regroupées au sein des clubs FACE en France, ce constat une raison suffisante pourlancer le programme WiFilles, avec un objectif : permettre aux collégiennes et lycéennes d’acquérir une maitrise des outils multimédia. Pour cela les clubs locaux organisent des ateliers pratiques, permettant d’améliorer la compréhension de la partie technique « que l’on peut parfois juger ennuyeux ou abstraits, voire non à sa portée », peut-on lire sur le site web WiFilles.
 
« Les entreprises attendent des talents et se privent des talents féminins »

 Ce programme qui doit permettre aux jeunes filles de bénéficier d’une expérience dans le numérique riche et épanouissante et surtout comprendre quels sont les freins qui font que les plus jeunes et plus particulièrement les filles, se détournent de la filière STEM (Sciences, Technologies, Engineering et Mathématiques). Pour les entreprises regroupées au sein des groupes FACE, dont la plupart recrutent dans les métiers du numérique il est important de communiquer sur l’égalité fille-garçons en tentant de briser les stéréotypes qui poussent les filles vers certaines filières plutôt que d’autres. Les ateliers organisés par les acteurs locaux, dans le cadre WiFilles, se fixent pour objectif de faire découvrir les richesses de la filière STEM en montrant que l’on peut aussi prendre du plaisir à étudier l’informatique et le numérique.

« WiFilles, ça renvoie au WiFi (dont le programme a détourné le logo – NDLR) et à l’écosystème numérique », explique Nicolas Touché, Directeur Enedis Maine-et-Loire, et Président du club FACE Angers Loire. « Il y a seulement 33% de femmes dans les entreprises d’informatique et du numérique. C’est un secteur où les besoins de recrutement sont très importants. Les entreprises attendent des talents et se privent des talents féminins, puisqu’il y a peu de jeunes femmes qui vont vers les parcours numériques. Le but de WiFilles c’est de proposer des actions innovantes en associant des partenaires sur notre territoire, pour faire en sorte que les jeunes filles des collèges et en particulier des quartiers prioritaires, aient envie de connaitre et d’aller vers les formations numériques ».

Créé en 2012, le club FACE Angers Loire, créé en 2012, compte plus de 120 acteurs qui se mobilisent sur son territoire pour mener des actions concrètes en faveur de la diversité et pour lutter contre toute forme d’exclusion, de discrimination et de pauvreté. « Avec la volonté de voir des collégiennes issues des quartiers prioritaires d’Angers devenir de réelles ambassadrices de l’informatique et du digital sur le territoire », le Club d’entreprises FACE Angers Loire travaille sur la création d’un Club WiFilles à Angers pour 2019. Il sera officiellement lancé le 30 janvier prochain. L’objectif du club angevin, comme les autres, sera de « susciter des vocations auprès des filles pour travailler dans ce secteur mais aussi pour lutter contre la fracture numérique qui persiste encore dans certains foyers ».

Le programme WiFilles a été créé en 2014 par le club FACE Seine Saint Denis  et le projet a été lauréat de « la France s’engage », une fondation œuvrant pour l'innovation sociale en 2015. 

A noter que la Fondation de France s’engage dans la même démarche avec le collectif femmes@numerique et qu’une association de la région des Pays de la Loire, Femmes du digital Ouest, se mobilise pour sensibiliserles jeunes filles aux opportunités offertes par le numérique.
 




Yannick SOURISSEAU
- Web journaliste et rédacteur en chef de Ville Intelligente Mag - Formateur journalisme en ligne... En savoir plus sur cet auteur


              

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