MOBILITE : la facture augmente à la rentrée, faut-il s’inquiéter pour les voitures électriques ?


Rédigé par le Mercredi 9 Septembre 2026 à 15:18


 Depuis le 1ᵉʳ août 2026, l’électricité coûte en moyenne 2,5 % plus cher. Une hausse qui vient directement alourdir la facture des ménages, mais aussi celle des entreprises, et qui pourrait se faire sentir jusque dans les voitures électriques. Car si recharger plutôt que faire le plein reste généralement plus économique, l’augmentation du prix du kilowattheure réduit mécaniquement l’écart avec les véhicules thermiques.
Pour les particuliers comme pour les professionnels, le coût de l’énergie devient ainsi un paramètre incontournable du budget automobile. À la rentrée, la question n’est donc plus seulement de savoir combien coûte une voiture électrique à l’achat, mais combien elle coûte réellement à l’usage. Entre évolution du prix de l’électricité, modes de recharge et optimisation des consommations, les choix faits par les automobilistes et les entreprises peuvent désormais avoir un impact significatif sur la facture finale.

Face à cette situation, Solal Botbol, cofondateur et PDG de Beev (startup française spécialisée dans le passage du grand public et des entreprises au véhicule électrique avec plus de 5 000 clients déjà accompagnés depuis 2020), décrypte les conséquences de cette nouvelle hausse pour les particuliers comme pour les professionnels et les leviers permettant d’en limiter l’impact.

D’où vient cette hausse de l’électricité juste avant la rentrée ?

« La hausse de 2,5 % du prix du kilowattheure au 1ᵉʳ août est à relativiser : elle ne traduit pas une flambée du prix brut de l’électricité, qui reste relativement stable. Elle s’explique principalement par la revalorisation du TURPE, le Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Électricité. Pour les particuliers comme pour les entreprises, cette évolution rappelle toutefois que, en France, la facture d’électricité ne dépend pas uniquement du prix de l’énergie : les coûts liés à son acheminement et les nombreuses taxes pèsent également dans l’équation. » 

Pourquoi cette hausse concerne-t-elle aussi les entreprises ?

« Le TURPE représente à lui seul environ un tiers de la facture d’électricité et s’applique aussi bien à l’abonnement qu’au prix du kilowattheure. Son relèvement, lié notamment à la baisse des recettes d’Enedis et de RTE et à la hausse des coûts de congestion des réseaux, concerne tous les contrats de fourniture. Pour les entreprises, impossible donc d’y échapper : le TURPE s’applique aussi bien au tarif réglementé qu’aux offres de marché, y compris aux contrats à prix fixe garanti et ce peu importe le fournisseur retenu. » 

Concrètement, combien cela va-t-il coûter en plus ?

« Pour les 60 % de foyers encore au tarif réglementé, la hausse représente environ 1 centime supplémentaire par kilowattheure. Sur l’abonnement, l’impact reste contenu : pour un contrat de 12 kVA, il représente un peu plus de 5 € supplémentaires sur une année. Mais pour les particuliers comme pour les entreprises qui rechargent régulièrement des véhicules électriques, chaque centime compte : avec une consommation élevée, cette hausse finit mécaniquement par peser sur le coût annuel de la recharge. »

Alors cette hausse change-t-elle vraiment la donne pour les particuliers et les entreprises ?

« Pour un conducteur particulier parcourant 60 kilomètres par jour et rechargeant son véhicule à domicile en heures creuses, le surcoût reste très limité : environ 19 centimes par mois, pour une consommation de 16 kWh aux 100 kilomètres, faisant passer la facture de 30,32 € à 30,51 €. Rapporté à une flotte de 100 véhicules, cela représente environ 19 € de surcoût par mois, soit 228 € sur un an. L’impact reste donc mesuré, mais il montre l’intérêt d’optimiser les créneaux de recharge lorsque les volumes deviennent importants. » 

Où en est la rentabilité de l’électrique face au thermique ?

« Les 19 centimes de surcoût mensuel liés à cette hausse de l’électricité sont à mettre en regard de la volatilité des carburants, dont les variations peuvent faire grimper la facture de plusieurs dizaines d’euros par véhicule chaque mois. Pour une flotte de 100 véhicules, quelques centimes supplémentaires sur le kilowattheure restent donc sans commune mesure avec les fluctuations que peuvent subir les dépenses de carburant. L’électrique conserve ainsi un avantage économique : son coût de recharge reste plus prévisible et permet aux entreprises de mieux maîtriser leur budget mobilité. »

Les particuliers et les professionnels doivent-ils changer leurs habitudes de recharge ?

« Pour les particuliers comme pour les entreprises, la hausse du 1ᵉʳ août ne doit pas être une fatalité. Les opérateurs de recharge publique ne sont notamment pas obligés de répercuter la hausse du TURPE, tandis que les offres de marché peuvent déjà permettre de réduire la facture d’électricité. Pour un compteur de 12 kVA consommant 10 000 kWh par an, l’écart entre les offres les plus compétitives et le tarif réglementé peut atteindre une centaine d’euros par an. À l’échelle d’un foyer comme d’une entreprise, comparer régulièrement son contrat et adapter ses habitudes de consommation reste donc le meilleur moyen de contenir la facture. »

Quelles sont les stratégies pour réduire efficacement sa facture de recharge ?

« Pour un particulier comme pour une entreprise, le premier levier reste de recharger au bon moment. Le différentiel entre heures pleines et heures creuses peut permettre de réduire significativement le coût de la recharge, notamment pour les véhicules qui chargent la nuit. À l’échelle d’une flotte, l’enjeu va plus loin : programmer les sessions, éviter les pics de puissance et suivre les consommations permet de mieux maîtriser la facture. Le prix de l’électricité doit désormais être piloté avec la même attention que celui du carburant. »

 




Reynald WERQUIN
Consultant Sénior Smart-City Fondateur et Directeur de la Publication VilleIntelligente-MAG En savoir plus sur cet auteur


              

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