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Mobilité électrique : le manque d’infrastructure est un frein selon Qualifelec


Rédigé par le Mercredi 10 Avril 2019 à 22:47 | Lu 948 fois


La prise de conscience écologique et la hausse des prix des carburants poussent de plus en plus d’automobilistes vers la voiture électrique, notamment ceux qui effectuent des parcours plutôt urbains. Mais, si la plupart effectue la recharge depuis leur domicile ou leur lieu de travail, le développement d’un véritable réseau de bornes de recharge ouvertes au public, reste un problème majeur selon l'Association professionnelle et technique de qualification des entreprises du génie électrique et énergétique : Qualifelec. Décryptage…


Des disparités géographiques subsistent, les points de recharge se concentrant surtout en milieu urbain (Photo Adobe Stock)
Des disparités géographiques subsistent, les points de recharge se concentrant surtout en milieu urbain (Photo Adobe Stock)
Depuis le début de l’année, les carburants sont répartis à la hausse. Même si les voitures consomment moins qu’il y a quelques années, force est de constater que le carburant ampute sérieusement le budget des ménages, sans compter la pollution qu’engendre tous ces véhicules en circulation au coeur des villes et abords.

Si la gamme s’étoffe, la plupart des constructeurs proposant au moins un modèle électrique, hybride ou rechargeable. Si les plus sensibles aux problèmes environnementaux peuvent donc acquérir le modèle qui leur convient, les infrastructures ne suivent pas toujours et notamment les bornes de recharge publiques. « Si le principal lieu de recharge des voitures électriques est le domicile ou leur lieu de travail le développement d'un réseau de bornes de recharge ouverts au public reste un enjeu majeur » souligne l’association Qualifelec, dans un communiqué. Selon la dernière enquête IPSOS Avere-France / Mobivia (2018), le manque d'infrastructures de recharge constitue un frein à l'achat d'un véhicule électrique pour 22% des sondés.

Et Qalifelec connaît le sujet, puisque cette dernière à mis en place un programme vérifiant le compétence des constructeurs et installateurs, en application du décret du 12 janvier 2017 sur la qualification des installateurs de bornes de recharge.

« Mais le développement de la mobilité électrique pose aussi des questions en termes de gestion des réseaux, et ouvre des perspectives en termes de commerce de l'électricité en peer-to-peer et de smart grids », poursuit l’association.  « Et si, demain, les véhicules électriques constituaient une opportunité pour le système électrique et contribuaient à l'alimenter ? » 

Dans un rapport intitulé « Produire en France les automobiles de demain  » rendu public le 13 février dernier, le Gouvernement annonce un plan d'accélération du déploiement de bornes de recharge électrique qui concerne à la fois le domicile des particuliers, le travail, et les accès publics. A domicile, il s'agit notamment d'améliorer le droit à la prise en copropriété en vue de diviser par 2 le délai d'installation. Concernant les lieux de travail, le gouvernement souhaite simplifier la mise à disposition de points de recharge par les entreprises à leurs salariés en ouvrant, dès 2019, la possibilité d'offrir ce service gratuitement.
 

Et les bornes de recharges ouvertes au public ?

Selon Qualifelec, au 1er janvier 2019, la France comptait 24 808 points de recharge ouverts au public, soit 1 point de recharge pour 6,7 véhicules électriques en circulation. « Ce ratio représente une avancée sur l'objectif de disposer d'au moins un point de recharge public pour 10 véhicules électriques »

Mais des disparités géographiques subsistent, les points de recharge se concentrant surtout en milieu urbain. Certes, ce sont les urbains les premiers concernés, ceux qui résident en périphérie des grandes villes et les ruraux proches, peuvent également être concernés. Pour Qualifelec « l'objectif est d'assurer, par un maillage optimum, les trajets longue distance ». Les bornes de recharge rapide sont une réponse à cette préoccupation. D’autant que le nombre de véhicules électriques est amené à augmenter rapidement. Pour contenir cette augmentation, voire l’inciter, le Gouvernement souhaite porter à 100 000 le nombre de points de recharge avant 2022.Les professionnels de l’électricité sont les premiers concernés par cette installation.

Si cette installation nécessite un renforcement du réseau électrique, le plus opportun est de gérer les pics de consommation. « Ça suppose de mettre de l’intelligence dans le réseau électrique et les équipements de recharge et de la coupler à la production issue des énergies renouvelables, voire même d’envisager le stockage à proximité des stations », appuie Qualifelec qui entend bien se positionner comme l’un des acteurs, par ses qualifications, de la mobilité électrique. L’organisme qualificateur est d’ailleurs le premier à proposer à proposer une mention IRVE (Infrastructures de Véhicules Electriques), laquelle a été rendue obligatoire par le législateur. Qualifelec s'est même vu confier la mission d'agréer les organismes proposant des formations consacrées aux IRVE. Depuis le 14 janvier 2018, seules ces formations agréées permettent de prétendre à la mention IRVE.

Imaginée comme un véhicule augmentant la consommation énergétique, notamment nucléaire, la voiture électrique pourrait constituer une opportunité pour le système électrique dans son ensemble. En effet, gérées intelligemment, les infrastructures de recharge liées aux véhicules électriques constitueront en effet une brique fondamentale des Smart Grids grâce notamment à la technologie « vehicule-to-grid » (V2G) qui permet d'utiliser la batterie électrique d'une voiture pour alimenter une borne de recharge, elle-même connectée au réseau électrique.
 



Yannick SOURISSEAU
- Web journaliste et rédacteur en chef de Ville Intelligente Mag - Formateur journalisme en ligne... En savoir plus sur cet auteur


              

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