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L’intelligence artificielle, une arme de plus dans le traitement contre le cancer ?


Rédigé par le Lundi 10 Septembre 2018 à 11:43 | Lu 912 fois


L’immunothérapie, ce traitement qui permet de restaurer le système immunitaire de patients dont les cellules ont été endommagées par une maladie, notamment le cancer, se révèle de plus en plus efficace. Mais avant de se lancer dans cette démarche prometteuse, il est important de savoir si un patient peut répondre efficacement au traitement. Pour cela les médecins pourront désormais se faire aider par l’intelligence artificielle.


Un médecin examinant manuellement les résultats de l'imagerie médicale (Photo Adobe Stock)
Un médecin examinant manuellement les résultats de l'imagerie médicale (Photo Adobe Stock)
L’intelligence artificielle sera-t-elle la nouvelle arme pour lutter efficacement contre le cancer en appui à l’immunothérapie. C’est ce qu’a expliqué dernièrement le professeur Eric Deutsch, chef du département médical de radiothérapie à l'Institut Gustave Roussy de Villejuif, premier centre européen de lutte contre le cancer, au micro d’Yves Calvi, sur RTL. Selon ce dernier, des chercheurs auraient conçu un logiciel capable de prédire l’efficacité du traitement sur les patients.

C’est désormais un fait acquis, - les congrès de cancérologie lui consacrant une place de plus en plus importante -, l’immunothérapie pourrait progressivement se substituer aux chimiothérapies. Pour l’heure ce traitement qui consiste à introduire dans l'organisme des anticorps qui interrompent, à un niveau ou un autre, la communication entre les cellules malades et les agents de l’immunité, vient en complément de traitements lourds, chimiothérapie ou radiothérapie.

Selon les spécialistes du sujet, en temps normal, le système immunitaire détecte le comportement anormal des cellules infectées, et les élimine. Mais dans le cas d’une prolifération cancéreuse, c’est beaucoup plus difficile. Pour réussir il est donc important de réussir à bloquer cette prolifération. L’immunothérapie pourrait bien s’imposer comme l’arme ultime pour lutter contre certains cancers, des réussites ayant été constatés dans le traitement de mélanomes cutanés, des cancers du poumon et de la vessie. Mais des succès ont également été enregistrés dans le traitement de la leucémie (cancer du sang), du col de l’utérus, de la prostate et plus récemment du sein.

Mais pour réussir, il est important de savoir au préalable si le patient est réceptif au traitement. Grace à sa puissance de calcul et d’analyse, un ordinateur pourrait prédire si un patient est capable de répondre à l’immunothérapie.

Selon le professeur Eric Deutsch, « il faut d’abord passer par l’analyse des données issues des scanners pour savoir chez quel patient ce traitement sera efficace ». Ces donnés seront étudiés grâce à l'intelligence artificielle puis corrélés avec des données moléculaires afin d’aboutir à un algorithme qui permet de prédire quel est le patient qui répond à l'immunothérapie.
 
« L’apport de l'informatique dans le traitement de la cancérologie est une nouveauté totale qui pourrait éviter des traitements couteux pour le patient ».

Pour le professeur parisien, le choix du bon traitement pour le patient sera donc plus rapide et plus efficace, en réalisant des biopsies virtuelles de la tumeur et non plus des ponctions qui, exécutées de manière répétées, peuvent se révéler néfastes au patient.

« Cette technique permettra également d'éviter les faux espoirs et de mieux guider la course. Plus on va vite, plus on va orienter vite le patient vers le bon traitement, plus on va gagner de temps et jouer les bonnes cartes au bon moment », appuie le professeur Deutsch. Si cette technique permet de gagner en rapidité et en efficacité, elle se révèle également très économique, en limitant les actes tout en répétant ces prélèvement virtuels et les analyses à l’envi, sans risques pour le malade.

Le professeur Deutsch rappelle toutefois que l'immunothérapie n'est pas aujourd’hui un traitement qui fonctionne dans tous les cas. « Pour chaque type de cancer pouvant à priori répondre à l'immunothérapie, il y a malheureusement une partie des patients qui ne répond pas à l'immunothérapie ». Et de poursuivre : « Les mutations de la tumeur, le fait d'avoir des lymphocytes, des cellules du système immunitaire tueuses dans la tumeur, sont des facteurs importants ».

Les perspectives offertes par l'intelligence artificielle reviennent donc à entraîner les ordinateurs en leur faisant analyser les images de la tumeur d'un patient afin de savoir si elle est riche ou pauvre en lymphocytes. Pour le cancérologue, « l’apport de l'informatique dans le traitement de la cancérologie est une nouveauté totale qui pourrait éviter des traitements couteux pour le patient et donc favoriser les économies dans le domaine de la santé ».
 



Yannick SOURISSEAU
- Web journaliste et rédacteur en chef de Ville Intelligente Mag - Formateur journalisme en ligne... En savoir plus sur cet auteur


              


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